En 1919, ma mère décède, j’ai 9 ans; Alma, 7 ans et Liliane, 5 ans. En 1921, mon père se voit dans l’obligation de nous placer au pensionnat des Filles de Jésus à Sayabec
Je me souviens de Mère St-Conrad, cuisinière; Mère Marie-de-Jésus, (elle enseignait la musique et le chant ; Mère St- Xavier (trop belle pour faire une sœur), elle enseignait.
À Noël, nous sommes restées toutes les trois à la pension avec une petite Marceau. Après la Messe de Minuit, nous avons eu droit à un petit goûter. Une religieuse nous a tenu compagnie toute la nuit. Le lendemain, nous dînions toutes à la cuisine.
Lorsque nous avions de la peine, mes deux sœurs et moi, nous allions devant une fenêtre qui faisait face au cimetière de ce temps-là et nous pleurions en pensant à la tombe de notre mère. Quand mon père s’est remarié, je ne voulais pas quitter le pensionnat pour aller rester avec ma belle-mère, les religieuses étaient si bonnes pour nous.
Cécile Deroy-Sirois
Saint-Moïse
Note : Madame Sirois nous a livré son témoignage en juillet 2004 et nous avons assisté à ses funérailles en janvier 2005, elle avait 94 ans.
Je suis née en 1913, membre d’une famille de 19 enfants. J’ai quitté la paroisse en 1930 pour entrer chez les Filles de Jésus.
Maintenant âgée de 91 ans, je garde dans mon cœur, de très beaux souvenirs vécus spécialement au couvent avec les religieuses f.j. nos professeurs très actives et créatrices.
Mère Marie Jeanne d’Arc, que nous admirions, enseignait la musique et s’occupait de la chorale. Elle nous a appris à nous présenter en public et à dissiper nos peurs.
À chaque fête, nous avions des pièces de théâtre, des chants pour la circonstance. Les élèves du couvent chantaient pour le mois du Rosaire, de St-Joseph, du Sacré-Cœur. .. La liturgie, c’était notre sport. Je me souviens des processions dans le village en plusieurs circonstances.
Tant de beaux souvenirs qui nous font vivre encore aujourd’hui…
Jeanne Bérubé, f.j.
Rimouski
Chères amies,
Déjà cent ans que les Filles de Jésus sont à Sayabec. Je ne suis pas loin de leur année, puisqu’à 5 ans j’étais au Couvent, parce que mes parents tenaient restaurant et ne voulaient pas que je sois en contact avec les clients. Je restais à la cuisine avec Mère St-Conrad pendant les heures de classe, j’ai toujours été très heureuse avec les religieuses qui restaient au 2e étage, leur salle était voisine de la chapelle; nous avions la messe célébrée par monsieur le curé Saindon.
On peut dire que les Filles de Jésus ont contribué à la renommée du couvent de Sayabec, Je les remercie pour tout ce qu’elles ont fait pour nous, car si je suis heureuse aujourd’hui avec mon petit savoir que j’ai acquis par elles, c’est grâce aux Filles de Jésus. Merci à la communauté qui a bien essayé de me faire religieuse, mais ce n’était pas ma vocation.
Encore une fois, je dirai toujours que les Filles de Jésus ont fait de moi une personne heureuse dans la vie.
Bon succès à la célébration du Centenaire et merci à l’ équipe. Je regrette de ne pouvoir assister aux fêtes, mais comme je me déplace difficilement, c’est impossible de me joindre à vous.
Amitié à toutes celles qui sont encore là et bon souvenir à tous.
Une Sayabécoise toujours fière d’avoir vécu plusieurs années dans ce patelin.
Georgette Gunner-Santerre
Jonquière
Bien avant de fréquenter l’école, je connaissais par ouï-dire, plusieurs religieuses Filles de Jésus. C’étaient Mère Marie Alix de St-Joseph, Mère Marie-Xavier, Mère Marie Adèle, Mère Jeanne d’Arc… Ma tante et ma sœur Jeanne nous disaient combien elles les avaient appréciées. Elles gardaient d’elles un très bon souvenir .
Aujourd’hui, après un recul, je peux dire à mon tour que j’ai beaucoup aimé les religieuses que j’ai connues et qui m’ont enseigné.
Je garde bien en mémoire Mère Marie Louise des Anges…Comme elle avait le don de nous valoriser, de nous rendre ‘capables’ de gérer nous-mêmes nos petits problèmes! Un petit coup de main, une parole supplémentaire et voilà, nous avions saisi et nous pouvions continuer d’avancer…Elle avait une très grande capacité d’écoute, de patience, de douceur et de bonté qui nous mettait en confiance et qui faisait qu’on se sentait bien avec cette éducatrice de notre jeune âge.
Je suis devenue religieuse à mon tour et j’ai passé ma vie à enseigner aux jeunes ce que j’avais appris avec mes devancières, redonnant ce que j’avais reçu moi-même.
Avec vous, je fêterai l’arrivée des Filles de Jésus à Sayabec, en juin prochain.
Béatrice Ouellet, f.j.
La porte de mes souvenirs avec les Filles de Jésus s’ouvre en 1930 à mon entrée au « préparatoire » avec mademoiselle Élise Joubert. Ensuite, j’ai fait la connaissance de Mère St-Mathurin, en 1re année, Mère Maria en 2e année, puis Mère St-Bernard et Mère Dorothée dans la classe des grandes.
Si j’ai pu rendre service comme organiste à la paroisse de Sayabec, c’est grâce à l’enseignement du piano reçu de Sœur St-Stanislas. Sœur Jeanne d’Arc, qui était aussi musicienne, est venue une 1re fois dans les années 20, et de 1957 à 1964 elle est revenue enseigner la musique en occupant le poste de supérieure. Elle était très sociable, généreuse et avec son acceptation joyeuse de la vie, elle me servait de modèle. Je lui attribuais la force et le courage de ma patronne, Ste Jeanne d’Arc.
L’exemple de la « prière » que nous donnaient les Filles de Jésus me fait dire comme un célèbre monsieur de Rimouski : elles nous servaient de « paratonnerres ».
À toutes les Filles de Jésus, merci et bon Centenaire.
Jeanne d’Arc Pelletier
Sayabec
Comme mon père J.-A. Ross a été secrétaire trésorier de la Commission scolaire de Sayabec pendant plusieurs décennies, il lui a été donné de collaborer avec les Religieuses pour combler les besoins matériels du Couvent.
Elles n’étaient pas exigeantes, leurs vœux de pauvreté se vivaient dans bien des domaines connus. Elles demandaient peu à la Commission scolaire. Les anciennes élèves ont le souvenir d’avoir collaboré au ménage et au grand ménage des classes. Ainsi, elles apprenaient à entretenir une maison, entre autres, à laver les vitres avec de « l’huile de charbon »… à éclaircir avec des « patins »les planchers cirés…
e n’est qu’à la fin des années 60, que le ménage fut confié à des employées. Pourtant, les Religieuses risquaient des commandes extraordinaires; à la fin des années 40, soucieuses de préparer les grandes élèves au monde du travail, elles avaient décidé de leur apprendre la dactylographie, même si elles ne dispensaient pas le cours commercial. Alors elles obtinrent plusieurs machines à écrire, elles dispensaient des cours le samedi et elles favorisaient les pratiques de dactylo avant et après la classe.
En somme, les Filles de Jésus ont été des éducatrices remarquables dans la formation adéquate des jeunes que les parents leur ont confiés. Le temps n’a pas effacé les bons souvenirs qu’il nous en reste et dont nous leur sommes reconnaissants.
Marguerite Ross-Pineault
Sayabec
Ma connaissance des Filles de Jésus remonte à ma tendre enfance. Nous demeurions à 30 pas du couvent, dans l’angle de vision voulu pour apercevoir les religieuses dans leurs allées et venues.
J’ai fréquenté le couvent 8 ans ( 1934-1942 ). Sauf deux institutrices laïques, Mlle Bernadette Desjardins en 1re année et Mlle Antonine Rioux en 3e j’ai eu des religieuses comme professeures pour tous les autres cours jusqu’en 10e année. La religieuse qui m’a le plus marquée, sans mauvais souvenirs des autres, est sans doute mère Saint- Prosper, en 2e année. Quelle bonté et quelle raisonnable exigence pour les « petites » que nous étions! Ses classes de lecture et d’histoire sainte demeurent inoubliables. Avant notre arrivée le matin, elle écrivait en gros au tableau le nom du personnage dont elle allait nous raconter l’histoire. Caïn, Loth, Abraham eurent leur tour, plus bien d’autres…
Un matin, au tableau nous pouvions lire Saint-Pierre. La classe est avancée et l’histoire de saint Pierre ne vient toujours pas. Je lève la main : « Mère, allez-vous nous raconter l’histoire de saint Pierre? » - « saint Pierre? » - « Bien oui, son nom est au tableau. » Et voilà notre Mère Supérieure riant de bon cœur. Puis elle se ressaisit pour dire : « Anita Saint-Pierre, passez s’il vous plaît par la cuisine après la classe. » Nous avons compris qu’il n’y aurait pas d’histoire, déception! J’ai grandi.
Un matin, deux de mes sœurs et moi étions allées très tôt reconduire des visiteurs au train. Au retour, vers 5 h. il y avait de la lumière à la chapelle du couvent. Je me souviens d’avoir été renversée… et d’avoir répété deux ou trois fois : « Les sœurs sont levées! »… pendant que d’un bon pas je regagnais mon lit.
J’aurais beaucoup d’autres souvenirs, mais je dois couper court. Merci de m’avoir invitée à participer à votre Album Souvenir! Ce fut une joie.
Pierrette Chassé, o.s.u.
Rimouski
Ayant vécu sept ans au très cher Sayabec, j’ai l’embarras du choix en souvenirs. Allons-y pour la visite de M. l’Inspecteur.
Ils arrivèrent sans s’annoncer, l’inspecteur régional, M. Paul Hubert et l’inspecteur local, M. Odilon Chabot. J’avais, par exception, 41 élèves.
Toute à vous, cette classe? – Oui, Monsieur l’Inspecteur, et ne venez pas m’en enlever!… Quel est votre secret, ma sœur? – Je les aime!- Nous aussi, crient les élèves. Les inspecteurs décidèrent de ne pas faire d’examen. Tout va très bien. Les élèves se sont faites complices, les chaises vite placées sur les bureaux; suivit un temps de danse de folklore. Je passe la suite des détails pour vous dire que M. Hubert est parti avec la liste des élèves et la semaine suivante, chaque fille recevait un livre par la poste et leur enseignante, un chèque de 50 $. Avec cet argent, nous avons fait un pèlerinage à Pointe-au-Père. J’ai noté, avec bien d’autres, la vénération, le respect et la confiance que tous les Sayabécois portaient aux prêtres, aux frères et aux religieuses. Exceptionnel et tout à leur honneur.
Sœur Germaine Tremblay f.j.
(Sœur Émilien-Marie) 1945-1952
Les Filles de Jésus évoquent pour moi quelques bons souvenirs, mais il faut choisir.
Mes débuts à l’école primaire où quelques laïques enseignaient dont Mlles Desjardins et Rioux et à partir de la 3e année, c’était des religieuses de la communauté des Filles de Jésus. J’ai souvenance d’avoir porté la robe noire à manches longues garnie d’une dentelle étroite au collet. J’ai vite compris en 2e année la compétition dans les notes et le classement. Je n’ai jamais atteint le 1er rang, j’avais pour adversaire : Pierrette Chassé qui est devenue plus tard la supérieure générale de la communauté des Ursulines.
Quelques fois, les religieuses aimaient rire…je me souviens un 1er avril l’une d’elles m’avait dit d’aller au presbytère emprunter le livre que l’archange Gabriel avait écrit. Le curé ou le vicaire du temps m’avait répondu qu’un ange n’écrivait pas, qu’on avait voulu me jouer un tour. La règle était l’obéissance même si je savais dans mon intérieur que c’était un « Poisson d’avril. »
Je garde de bons souvenirs de cette époque où Sœur St-Stanislas m’enseignait le piano et Sœur Ste-Dorothée, la 7e année. Ces religieuses étaient de grandes éducatrices.
Jeanne-Mance Bossé
Charlesbourg
Moi qui suis rendue à l’âge des bilans de ma vie, ce m’est une joie sans pareille que d’évoquer les années de bonheur que j’ai vécues de 1942-1947 comme éducatrice-enseignante à la classe des finissantes du « Couvent » de Sayabec et avec les mêmes élèves…
Mon bonheur est venu de l’ouverture peu commune des filles à la culture sous tous ses angles et d’abord aux grandes valeurs qui fondent toute vie forte, rayonnante et équilibrée, reposant sur une foi solide et curieuse d’aller toujours plus loin sans la connaissance d’un Dieu-Amour et de Le Servir au quotidien sans les tâches humaines et civiques de nos milieux dans un amour actif pour les autres sans exclusive.
Et le bonheur continue de chanter dans mon cœur par les échos que je reçois des filles que j’ai tant aimées et qui sont à réussir leur vie au-delà de mes rêves et de mes espérances! Que Dieu en soit béni à jamais!
Gisèle Gervais, f.j., (Marie Lucien de Jésus)
Shawinigan
Remonter dans le temps pour parler des Filles de Jésus est une aventure que j’aurais pu entreprendre avec mes soeurs qui ont toutes fréquenté le Couvent. J’ai choisi de parler d’un souvenir qui m’est cher et qui vous rappellera les belles séances d’autrefois.
J’ai étudié le piano avec les religieuses et je suis devenue leur pianiste attitrée pour toutes les occasions spéciales dont la fête de monsieur le Curé et la fête des Mères. J’ai été témoin de la culture musicale que les Filles de Jésus ont inculquée à leurs élèves. Préparer des chants polyphoniques, des drills, de la gymnastique et des danses folkloriques pour les présenter au public exigeaient un soutien musical tant pour l’accompagnement que pour l’exécution des mouvements rythmés et je secondais les religieuses dans leurs réalisations.
Que de pratiques à l’heure du dîner, après la classe, le samedi, pour atteindre une certaine perfection! J’admirais leurs talents, leur dévouement et leur disponibilité et je suis heureuse que l’occasion me permette d’en parler.
Ernestine Beaulieu
Sayabec
Les années ont passé mais les souvenirs et la reconnaissance demeurent. Aussi, il me fait plaisir de rappeler que les Filles de Jésus ont été extraordinaires pour moi alors que je faisais ma 5e année et que j’étais retenue à la maison par la maladie. Sœur Xavier m’a fait suivre mon cours en m’envoyant quotidiennement du travail à la maison avec exercices et leçons à apprendre. L’aide se poursuivait le samedi, je me rendais au Couvent, les religieuses m’accueillaient à la salle de communauté et bien guidée, je poursuivais mes cours. J’avais même droit à une délicieuse collation. Ainsi enseignée et gâtée, à mon retour à l’école, j’ai pu compléter ma 5e et 6e année et j’ai passé avec succès mes examens du Département de l’Instruction en 7e année. Le goût de l’étude s’est installé et devenue pensionnaire chez les Filles de Jésus de Notre-Dame-du-Lac, j’ai acquis une formation adéquate pour une carrière qui, avec ma famille, a fait mon bonheur. J’ai toujours gardé un bon souvenir de la bonté et du dévouement de ces religieuses et je suis heureuse de leur dire à l’occasion de leur Centenaire à Sayabec, mon patelin dont je suis toujours fière.
Françoise Joncas-Violette
Ottawa
Mon hymne de félicitations et de reconnaissance aux Filles de Jésus pour le 100e anniversaire de leur arrivée à Sayabec.
« Mon cœur exulte de bonheur en Dieu mon Sauveur car le Seigneur a fait par cette belle Communauté de grandes choses chez nous depuis un siècle! » (cf. Mg.)
Je crois pouvoir dire que notre paroisse ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans ces témoins du Christ incarnant leur devise qui est d’honorer l’Humanité Sainte du Fils de Dieu par la prière et l’apostolat confié par l’Église.
Personnellement, j’aime à publier l’immense gratitude qui est la mienne. L’éducation transmise est incomparable, l’édification de l’exemple entraînant, la piété, le dévouement de chacune, le développement des talents, toute valeur humaine et chrétienne enseignée, cultivée… Je dirai même qu’après quarante et un ans après mon départ de l’E.S.M.I., je bénéficiai encore du service inappréciable de leur iconographe si talentueuse, sœur Denise Rioux.
À toutes ces chères Religieuses, reconnaissance éternelle.
Sœur Gisèle Gagnon, s.j.m.
Rimouski
J’ai douce souvenance de mes années de classe au Couvent de Sayabec. Nous n’étions pas grandes et déjà les religieuses nous habituaient à mémoriser des récitations et des saynètes appropriées à notre âge. Cependant, le « summum » de notre carrière au théâtre arriva avec des pièces en deux et même trois actes et tout le tralala d’une « metteure » en scène. Qui se rappelle de : Le cœur de Suzel? Pièce dramatique au possible pour des élèves de 15 et 16 ans. La photographe, comédie hilarante répétée au 100e de Sayabec.
Quelle patience! Mère Lucien et Mère Paul-Albert nous exerçaient pour que les textes soient rendus avec justesse et décorum. C’était plus que le cœur sur la main, c’était « le cœur sur la scène ». Quel plaisir pour ces jeunes filles de réussir ces « exploits », si je peux dire, et à les présenter à la salle paroissiale devant M. le Curé (congé de devoirs) et la salle remplie de gens de Sayabec.
Merci à nos éducatrices d’avoir développé cet aspect de notre personnalité.
Georgette Thériault-Roussel
Saint-Noël
Admise à l’École Normale des Ursulines de Rimouski après avoir obtenu un certificat de 9e au Couvent de Sayabec avec Mère Lucien comme professeur, j’étais très en avance et j’obtins facilement la première place tout au long de ce cours de deux ans. (On parla même de me faire faire du 3 en 2 mais…) Je profitais des nombreuses bibliothèques et ma culture personnelle s’est enrichi durant ces deux années. J’éprouve toujours un profond sentiment de reconnaissance envers les religieuses Filles de Jésus et principalement Sœur Lucien qui, à mon avis, est une grande pédagogue qui a marqué son époque.
Quelques années après ma sortie de l’É.N. alors que j’enseignais en 7e et 9e années, c’est la mémoire des cours reçus de Mère Lucien , qui m’a aidée et a aidé mes élèves à passer brillamment leurs examens. Il m’arrive encore maintenant d’aider mes petits-enfants principalement en français et de penser encore à ces religieuse dévouées qui humblement et sans bruit ont formé une génération de filles comme nous…merci à elles toutes au nom de nous toutes.
La famille Joubert avait aussi l’honneur de compter trois religieuses Filles de Jésus. Je les ai peu connues mais je sais qu’elles furent elles aussi, de grandes pédagogues.
Imelda Joubert
Rimouski
À l’initiative des religieuses Filles de Jésus, à partir de septembre 1943 jusqu’à juin 1948, il y avait une heure consacrée aux travaux personnels après la classe cinq jours par semaine de 16 h 15 à 17 h 15 sous la surveillance de notre enseignante.
L’hiver, nous avions de nombreuses pannes de courant. Alors, des bougies s’allumaient sur chaque pupitre et le travail continuait sans problème.
À cette époque, il y avait un examen du « Département de l’Instruction publique » pour l’obtention d’un diplôme de 7e, 9e, 10e, 11e et 12e année. À ma connaissance toutes les candidates ont obtenu leur diplôme.. Pas un seul échec.
L’abnégation, le dévouement et la compétence de nos enseignantes sont à l’origine d’un tel succès. Bravo! Et merci! chères éducatrices, Filles de Jésus.
Gemma Ringuet
Montréal
Je devais être en 8e ou 9e année, nous faisions une composition toutes les semaines. Et voilà, que notre maîtresse, comme on le disait dans le temps, Mère Lucien, nous donne comme titre de ladite composition : décrire notre « château en Espagne »… Oh la la! Décrire n’était pas mon fort, car j’avais souvent comme remarque dans ce genre d’écriture, « Je ne vois rien… », ce n’était pas très gai, j’étais plus à l’aise dans la dissertation.
Que dire? Comment le dire? Tant pis, je laisse parler mon cœur et je décris dans des mots très simples « mon château en Espagne » : mon grand désir de devenir religieuse; ce désir, je le portais depuis ma tendre enfance. Je crois l’avoir assez bien décrit, et Mère Lucien y a vu quelque chose…car j’ai eu comme appréciation générale : « C’est ce que je pensais pour vous ». Note très encourageante, n’est-ce pas? Je venais de révéler le secret qui m’habitait depuis ma jeunesse.
Vous vous en souvenez, Mère Lucien ? Merci à vous!
Ruth Bérubé, f.j.
Cameroun, Afrique
Oui, c’est beau la musique! Qui n’aime pas la belle musique? C’est agréable de jouer de la musique. Mais tout dépend dans quelles circonstances on en joue…
Qui ne se souvient pas de Mère St-Stanislas, professeur de piano, avec son accent typique du Cap-Breton? Nous l’aimions beaucoup. C’était réciproque et elle nous le rendait bien. J’ai eu le grand plaisir de partager du très bon temps avec elle, maman et mes frères au Cinquantenaire des Filles de Jésus, à Sayabec, en 1954. Quel plaisir!
Un jour, deux de mes frères pratiquent leur piano et m’y amènent pour répondre au désir de Mère St-Stanislas. Cette dernière s’absente pour cueillir des gâteries à la cuisine, selon son habitude.
Elle me remet alors la baguette du maestro ( d’ailleurs très belle dont l’extrémité était faite d’ivoire ) et me dit : « Mercédès, surveille-les pour que ces deux élèves travaillent bien. » J’ai bien rempli mon rôle au déplaisir de mes frères qui s’en sont plaints. Mère Stanislas s’est amusée à argumenter pour prendre ma défense.
Je garde un très bon souvenir des Filles de Jésus. Je les aimais bien. J’ai même versé des larmes au départ de quelques-unes. Voici quelques noms que j’évoque avec plaisir : Sœur Marie du Divin Pasteur, Soeur Véronique, Sœur Gisèle ( Connue grâce à ma sœur Francine) Sœur Marie Paul-Albert, Sœur Lucien.
Je les remercie bien sincèrement pour ce qu’elles nous ont transmis : leur savoir, leurs principes, leur distinction et bien davantage. Je dirais même qu’on leur doit une partie de notre succès dans la vie.
Bravo! Heureux Centenaire, chères Filles de Jésus!
Mercédès Lacroix
Québec
Je tiens d’abord à vous féliciter pour le titre-thème donné à vos fêtes du centenaire : Cent ans d’amour dans l’action. En ce qui me concerne, ma part fut très minime, car ma santé m’a obligée à partir au bout d’un an. Mes anciennes de 11e et 12e années se souviendront sans doute de Mère Monique des Anges (Juliette Fournier), qui remplaçait Mère Paul-Albert (Annette Milot) en 1951-1952. Je conserve un affectueux souvenir de chacune, et je garde surtout mémoire de leur bel esprit et de leur souci de s’enrichir à tous les points de vue.
Je citerai l’anecdote qui avait bien amusé toute la classe. Comme sujet de rédaction anglaise, je demande aux filles de me décrire leur paroisse natale et de lire leur travail à haute voix. L’une d’elles s’exécute : « my native country is called Holy Christmas. » Vous devinez d’où venait cette étudiante, n’est-ce pas?
Autre anecdote : C’est le cours de sténographie. Une fille traduit en « long hand » la phrase suivante, écrite en sténogrammes : Cette ferme, dans sa partie inférieure, est bien boisée. Mon étudiante s’exécute en remplaçant ferme par femme. Il faut dire que les deux signes se ressemblent beaucoup!
Je voudrais aussi rejoindre en Afrique Ruth Bérubé pour la remercier de m’avoir dépannée lors de la graduation de fin d’année. L’étudiante qui devait jouer le rôle de Lord Durham dans la pièce maîtresse se désiste à la dernière minute. Ruth accepte le rôle, et en quelques jours se transforme en un Lord Durham exceptionnel! Merci, Ruth!
Mon année à Sayabec : telle est la toile de fond sur laquelle se détachent, en larges arabesques, les bons souvenirs de l’année 1951-1952 vécus dans la belle Matapédia!
Juliette Fournier, f.j.
(S. Monique des Anges)
Cap-de-la-Madeleine
Je garde un excellent souvenir de Soeur Émilien (8e année), de Soeur Lucien et plus particulièrement de Sœur Monique. Toutes trois étaient des éducatrices hors pair.
Me voilà en 12e année et Sœur Monique nous propose en début d’année, de nous offrir des cours de sténographie…avant les heures de cours le matin, et de continuer les cours de dactylographie commencés l’année précédente. Ceci, en fin d’après-midi, après les heures de cours. Elle nous avait fait valoir (tout en nous laissant libres) que ce volet « commercial » combiné au scientifique pourrait éventuellement se révéler très avantageux pour nous.
En plus d’être totalement dédiée à ses élèves, par son enseignement, son don de soi, sa disponibilité, sa compréhension, voilà jusqu’où pouvait aller sa générosité.
Je regrette n’avoir pas eu l’occasion de lui rendre hommage et de la remercier plus tôt!
Gisèle Turcotte
Port-Cartier
Que de souvenirs! Une quinzaine de filles de 7 à 15 ans nous étaient confiées 5 jours semaine. Nous avions à cœur, dans la mesure du possible, d’en faire des femmes accomplies pour l’avenir. Les heures ne comptaient pas. Nous formions une petite famille avec nos défauts et nos qualités.
Récemment, lors d’une rencontre avec Ginette (Marcoux) et Colette (Charest), avec photos à l’appui, nous avons remémoré avec beaucoup de joie et d’émotions certains événements. En les écoutant raconter leur parcours depuis, je les ai trouvées fortes et grandes de l’intérieur. Je me disais en moi-même : « Serait-ce un peu le résultat de la petite graine jetée en terre ces années-là ».
Il se passait des moments où le plaisir prenait le dessus. Pendant une absence exigée par un office communautaire, je leur demande d’aller s’amuser dehors. Mère Jeanne d’Arc remarque un froid inhabituel dans la salle de communauté. Croyant une porte laissée ouverte, je m’en vais jeter un coup d’œil du côté des classes. Je vois les filles voyager, de la porte d’entrée à une classe du 2e étage, en train d’essayer de sauter par une fenêtre sur un banc de neige, que la veille, une tempête avait laissé sur la galerie. Je fus touchée et heureuse de les voir retrouver leur cœur d’enfant.
Je ne voudrais pas terminer sans mentionner celle qui m’a précédée, Graciette Cyr, qui a apporté à ces jeunes une présence attentive, joyeuse et généreuse
.
Jeannine Deroy (autrefois Sœur Jeanne Alice)
Rimouski
« Béni soit le nom de Jésus! » « Deo gratias, Merci Mère! »
C’est ainsi que tous les matins, les pensionnaires saluent la nouvelle journée. La religieuse responsable du dortoir y va gaiement, accompagnant sa salutation d’un vigoureux tintement de cloche.
Sortie matinale pour se rendre à la messe, déjeuner, vaisselle et cours. Chaque journée est la copie conforme de la précédente et la marche, chaque soir, deux par deux sur la rue de l’Église est devenue une routine immuable, beau temps, mauvais temps, en compagnie d’une religieuse.
À l’heure des repas, Sœur Maria fait des miracles pour nourrir tout son monde. La plupart du temps c’est très bon, sauf les tartines de mélasse à l’eau pour les collations de quatre heures…
Impossible de rappeler en quelques lignes mes quatre années de pensionnat chez les Filles de Jésus, entre 1958 et 1962 et qui ont marqué, pour moi comme pour plusieurs adolescentes, un tournant vers la vie d’adulte.
Aujourd’hui, je suis convaincue que l’éducation reçue chez les Filles de Jésus a marqué ma façon d’envisager la vie. Je garde parmi mes bons souvenirs le nom de toutes ces grandes dames qui ont su donner instruction et éducation avec zèle et dévouement sans bornes à chacune de ces jeunes filles que les parents leur avaient confiées.
À chacune de ces éducatrices, merci!
Lina Lévesque
Sayabec
Je garde un excellent souvenir des années passées à étudier au Couvent de Sayabec, sous la direction des Filles de Jésus. J’y ai développé un grand plaisir d’apprendre dans un milieu propice à l’éveil de nos capacités intellectuelles. La discipline d’alors me semblait une source de sécurité et le gage d’un apprentissage sérieux. Les trucs pour la mémorisation de certaines matières étaient pleins d’ingéniosité. Je me souviens qu’en géographie nous retenions les capitales, les bornes, les fleuves grâce à des chants dont un commençait par : « De l’Europe, les bornes… »
Le souvenir qui me revient régulièrement à la mémoire me ramène en troisième année, dont la titulaire était « mère Alberta », aujourd’hui décédée. Nous recevions, au moins une fois par semaine une leçon de chant choral avec « mère Véronique », sœur Rita Ratté qui demeure actuellement à la maison de Sacré-Cœur. Nous avions appris notre premier chant à deux voix. J’avais toujours hâte à ces leçons parce que je trouvais sœur Véronique bien fine ( comme on dit chez nous ), quoique exigeante. Je lui dois ma passion pour le chant choral et je dois dire que je lui voue une grande affection.
Je repense aux religieuses qui sont décédées et je souhaite une longue vie à celles qui continuent de vivre chez nous avec toujours la même belle simplicité.
Denise Gagné
Gaspé
Pour écrire quelques lignes sur l’influence exercée sur moi par l’éducation reçue des Filles de Jésus, j’ai fermé les yeux afin de mieux me souvenir. Comme dans un film, des figures de femmes généreuses me sont apparues. L’une d’elles m’a particulièrement marquée : Sœur Émilien-Marie ( Germaine Tremblay). Son imagination fertile, ses talents en écriture et en musique étaient mis à contribution pour fixer chez ses élèves les notions grammaticales ou géographiques, pour rehausser la fête des mères, de M. le Curé ou de Mère Supérieure.
Son influence m’a suivie tout au long de ma vie professionnelle comme dans la direction d’écoles et de chorales, dans l’organisation de fêtes scolaires et des moyens d’émulation. Cette femme m’a surtout inculqué le goût de la lecture expressive et de l’écriture. Son souci de nous entendre lire intelligemment, nous était rappelé pas ces expressions : « Ouvrez la bouche, articulez, montrez que vous comprenez ce que vous lisez. »
Je me suis surprise plus d’une fois à répéter ces mots à mes élèves ou à mes choristes.
Il y aurait tant à dire de cette professeure comme de toutes celles qui ont mis tout leur cœur et tous leurs talents à vous nous éduquer intégralement.
À chacune, mes hommages bien mérités.
Avec tout mon cœur,
Jeannette Pelletier, r.s.r.
Rimouski
J’ai consulté mes soeurs et bien des souvenirs nous sont revenus, je vous les livre en vrac, ils rappelleront des situations dont les compagnes d’alors se souviendront aussi.
Un souvenir très olfactif : les galettes de la sœur cuisinière…Pour ,05$, si je ne me trompe, nous avions deux délicieuses galettes chaudes avec un verre de lait!! C’était un vrai régal !!! à fort bon marché….
Les sessions de patinage dans les corridors… que de plaisirs, et les planchers brillaient de propreté.
Les religieuses dans l’école, et les statues avec décorations des circonstances dans les corridors…
Sœur Émilien a laissé un très bon souvenir en lien avec les pièces de théâtre qu’elle montait particulièrement à la salle paroissiale.
Sœur Clémentia, professeure de mathématiques dépareillée; d’un simple regard, elle rappelait les filles à l’ordre. Ses élèves l’aimaient beaucoup…
Oui, nous avons aimé les religieuses, grandes éducatrices et nous leur sommes reconnaissantes pour « les cent ans d’amour dans l’action » chez nous.
Lise Bérubé et ses sœurs,
filles de Valérie et Oscar
St-Augustin de Desmaures
Dans le village de Sayabec, les religieuses se sont dévouées sans compter pour nous, les enfants de la Vallée. Les encouragements, l’enseignement et les activités se multipliaient. Même les chansons rythmées de Sœur Germaine Tremblay ( Sœur Émilien) nous permettaient de voyager de l’Europe aux États, sans trop d’efforts.
Et puis, la bonne Mère Jeanne d’Arc, aux yeux pétillants, nous a inculqué l’amour de la musique. J’ai même goûté aux savoureuses galettes de la religieuse cuisinière (Sœur Marie).
Merci pour ces beaux moments en votre compagnie à Sayabec, au Cap-de-la-Madeleine et à Kermaria.
Josiane Parent
Lachine
J’ai débuté ma scolarité au rang 2 de Sayabec. J’admire encore ces professeures qui nous enseignaient et réussissaient dans une école à sept divisions avec peu ou pas de matériel. Les plus grandes élèves secondaient « la maîtresse » en aidant les plus jeunes.
En 1950, la famille est déménagée au village. Je n’étais pas grosse dans mes bottines, le premier matin de l’entrée scolaire, marchant vers l’école du village., le Couvent tenu par les Sœurs. Dans ma petite tête, j’étais presque convaincue d’arriver la dernière de la classe…Je disais à Marielle, ma sœur, « Pourvu que je n’arrive pas la dernière, dernière. S’il pouvait y en avoir au moins une derrière moi! » L’Histoire ne le dit pas mais je suis arrivée la 3e et j’ai perdu toutes mes appréhensions.
J’ai eu des Sœurs comme professeures en 6e, 7e, 8e, 9e, 10e et 11e année. Je garde un très bon souvenir de Mère Clémentia (Chut, elle est encore vivante et vit dans la même maison que moi) qui m’a fait faire mes trois dernières années de primaire. Quand le travail demandé était fait et réussi, elle nous disait : « Occupe-toi ». Pour ma part, je peux vous dire que j’ai lu tous les livres de la bibliothèque le la grande classe. J’y ai même appris « tout ce qu’une jeune fille devrait savoir » dans ceux de Berthe Bernage. Il y a quelques années, elle m’a remis de mes dessins qu’elle gardait comme modèles pour ses futurs groupes d’élèves, la rôdeuse!.
En 1957, je quittais mon village pour entrer au Noviciat des Filles de Jésus. Je devenais Sœur à mon tour. J’ai enseigné 37 ans dont 25 en première année. J’étais avec les plus jeunes que j’ai beaucoup aimés. J’ai participé à l’éducation de presque 1000 enfants de 6 et 7 ans dont j’ai gardé les noms d’ailleurs…
Monique Dumais, fj
Rimouski
Toutes mes années d’études chez les Filles de Jésus ont été heureuses.
Je les trouvais très ouvertes comparées à d’autres communautés religieuses, ce que je découvrirai plus tard au cours d’études supérieures ou ultérieures.
Mes jeunes années ont aussi été marquées par elles… autrement que par l’école. Comme preuve, mon père, Georges et ma mère n’hésitaient pas à répondre positivement à leurs demandes pour prêter des choses à la salle paroissiale. Ça incluait nos propres meubles de salon, système de son et haut-parleurs, cordages électriques, nappes, rideaux, etc, tout y passait! Je me souviens qu’il a personnifié le Curé Saindon un vendredi soir, lors de la soirée d’ouverture du 50e des Filles de Jésus à Sayabec. J’ai encore des « portraits » pris à cette occasion. Imaginez que monsieur le Curé Saindon accueillait les Filles de Jésus à Sayabec en 1905.
Ma mère n’oubliait jamais les sœurs dans ses prières, ni dans ses dons de toutes sortes…elle me racontait qu’à son arrivée à Sayabec (1933), elle se sentait bien seule et les belles visites que les religieuses lui faisaient la rendaient heureuse… et ma première sortie de bébé l’a été au couvent des Filles de Jésus, c’est écrit dans mes dossiers et les plus vieux me l’ont confirmé!
Suzie Côté
St-Hyacinthe
C’était en septembre 1949. J’avais 7 ans, nous débutions notre 2e année, et Mademoiselle Marguerite Beaulieu était notre institutrice. Ce jour-là, nous attendions avec anxiété la visite de notre nouvelle Mère supérieure. La porte de la classe s’ouvrit tout à coup sur une toute petite religieuse souriante et l’air affable, qui nous salua d’un retentissant « Bonjour Mesdemoiselles! » C’était Mère St-Médéric.
Du haut de nos 7-8 ans, c’était tout un plaisir d’être ainsi interpellées pour la première fois!
En nous considérant comme des « grandes », elle nous obligeait ainsi à ne pas la décevoir! C’était une fine psychologue et elle aimait beaucoup les enfants. Je sais qu’elle a vécu jusqu’à un âge très avancé. Et jamais, jusqu’à la fin, elle n’a cessé de s’intéresser aux siens et à la vie en général, même si une surdité profonde compliquait un peu la communication avec l’entourage. Mais elle était débrouillarde… et elle utilisait toutes sortes de moyens pour remédier à son handicap.
Mère St-Médéric était vraiment une personne remarquable!
Nicole Poitras
Rimouski
Rappeler le souvenir des Filles de Jésus pour moi, c’est d’abord penser au bon enseignement qu’elles nous ont donné et à l’amour du travail qu’elles nous ont inculqué. Je me revois en 7e année avec Mère Cécilius qui m’offre à me guider pour tricoter un gilet « Mary Maxim » une aventure qui dépassait beaucoup mes talents de jeune artisane. Avec le consentement de mes parents qui m’ont acheté le matériel nécessaire et les bons conseils de Mère Cécilius, j’ai porté fièrement le beau gilet au printemps.
Avec ma compagne de classe, Louisette Poitras, j’ai mené une expérience de sacristine quelques années à 8 h le matin, après la classe et le samedi après-midi. Vous devinez quel travail nous faisions à l’église avec Mère Cécilius toujours joyeuse, enthousiaste et vaillante. Nous l’avons vue broder une nappe d’autel au Richelieu dans ses loisirs. Elle nous donnait l’exemple du beau travail fait avec patience et amour.
J’ai toujours été reconnaissante envers les Filles de Jésus et il me fait plaisir de leur redire aujourd’hui.
Mariette Paquet-Michaud
Cabano
C’était l’hiver 1956. Le mercure baissa. Les vents de l’ouest ajoutèrent à la froidure. Mais nous, bien au chaud dans la classe de première, n’en étions pas conscientes. Une quinzaine de minutes avant l’heure du dîner, une religieuse arpenta les corridors en sonnant la cloche à toute volée. L’école allait fermer.
Dans chaque classe, on appela celles qui habitaient le plus près, on les aida à s’habiller afin qu’elles soient bien protégées, on les regroupa par secteur en leur ordonnant de rester bien groupées et on les laissa retourner chez elles. Les autres, dont je faisais partie, furent rassemblées dans la classe de deuxième.
Pendant ce temps, la mère supérieure avait communiqué avec les parents, des taxis, des connaissances pour organiser le transport en toute sécurité (Les autobus jaunes n’existaient pas encore.)
Nous attendions patiemment, nous interrogeant sur notre sort, quand la « mère cuisine » aidée d’une autre religieuse apportèrent sur des plateaux des bols de soupe à l’orge bien chaude qu’elles distribuèrent à chacune d’entre nous. Cela nous réconforta et nous fit passer le temps jusqu’à ce que la mère supérieure vienne prononcer notre nom dans l’entrebaîllement de la porte.
Raconter ce souvenir, c’est rendre hommage aux Filles de Jésus qu’il nous fait plaisir de fêter en ce 26 juin 2005.
Pâquerette Béland
St-Hubert
« Cent ans d’amour dans l’action ». L’équipe responsable de cette fête du souvenir a choisi la bonne phrase pour rassembler les cœurs des Sayabécois. Vous relevez un réel défi en essayant de rappeler tout l’amour et l’action que ces valeureuses Filles de Jésus ont rendus à votre population pendant un siècle. Connaissant la détermination et le flair historique des gens de Sayabec, je ne doute pas que vous relèverez de main de maître le voile sur ces 100 ans de dévouement et de prière.
Je les ai rencontrées en juin 1965, lors d’une visite incognito à l’école secondaire Sainte-Marie. Monsieur Louis –Philippe Rioux, président de la commission scolaire, espérait recevoir des frères enseignants pour septembre. J’avais visité les lieux avec le fr. Provincial avant de prendre une décision. En effet, dès la fin août 1965, j’eus à travailler et partager avec cette communauté et cela jusqu’en 1993. J’y ai vécu d’heureux moments dans l’école, les bonnes œuvres, la prière. La simplicité de cette communauté de souche bretonne ne dédaignait pas le côté de saine réjouissance. Lorsque la sœur provinciale me confirmait l’ajout d’une enseignante pour une nouvelle année, j’en étais ravi. En classe, leur dévouement était à la hauteur de tout bon éducateur. J’espère que d’autres femmes de cœur ont pris la relève dans les écoles de Sayabec. Je garde un souvenir reconnaissant pour toutes ces religieuses dépareillées et c’est toujours un plaisir de les croiser à l’occasion.
Joyeux centenaire aux religieuses et à la population de Sayabec.
Fr. Charles-Henri, Mariste
Valcartier
P.S. Qui rappellera le chat de Sœur Cécile. Elle avait demandé à un élève de lui apporter un chat mort pour son expérience en biologie. Le jeune avait asphyxié le chat avec le tuyau d’échappement de l’auto et apporté l’animal inanimé. Sœur Cécile le place dans le frigo en attendant l’heure du prochain cours… Mais quelle n’est pas la surprise de toute la classe lorsque le chat se réveille quand commence la dissection. On pensait le chat bel et bien mort. F. C.-H
En ce temps-là…dans les années 60, j’enseignais à Sayabec, au secondaire, dans une classe mixte. C’était tout nouveau et presque inquiétant pour les bons parents! Pour moi, jeune religieuse, n’était-ce pas un peu audacieux? Dieu merci, tout allait bien.
Par un bel après-midi, en plein travail, on frappe à la porte. Voue ne devinerez jamais qui était de l’autre côté…Monsieur le ministre Bona Arsenault en personne, suivi du directeur de l’école. Venait-il vérifier le climat qui existait dans nos classes? Il semblait très heureux de rencontrer un groupe mixte. Tout souriant, il fit le tour de la classe, donnant la main et demandant le nom de chacun, chacune. Revenu au bureau, il exprima sa joie, mais d’un ton un peu déçu… Il n’avait rencontré aucun Arsenault. « Dans mes tournées d’écoles, j’ai l’habitude, dit-il, de donner un dollar aux « Arsenault » que je rencontre. »
Le prévenant frère Guay se hâte donc de m’identifier comme l’étant. En bon ministre, il vérifie son dire : « Vous êtes Arsenault? » Oui, Monsieur, lui dis-je à mon tour. La fille de Cléophas et d’Yvonne, qu’il connaissait d’ailleurs. Je suis heureux de vous rencontrer et de vous remettre le dollar de prime…
Les élèves surtout étaient fort contents d’apprendre mon nom de famille et ils bénéficièrent d’une sucette, achetée au magasin du coin et payée par monsieur le Ministre…
Lorraine Arsenault (Mère Yvonne du Rosaire)
Rimouski
À l’aube de cette année centenaire de l’arrivée des Filles de Jésus à Sayabec, je suis heureuse de descendre dans ma mémoire, de vivre une peu dans le passé. Je me rappelle ces trois années pendant lesquelles j’étais professeure à l’école secondaire de Sayabec. De septembre 1970 à septembre 1973, j’y ai vécu des jours heureux. À ce moment- là, nous inaugurions un nouveau programme de catéchèse au secondaire. Cela nécessitait beaucoup de matériel didactique que la direction et les professeurs m’ont fourni gratuitement. Ce geste de collaboration démontrait bien le bel esprit de collégialité qui nous habitait.
Les étudiants ne ménageaient pas leur énergie pour l’animation des cours, ainsi les échanges spontanés et réfléchis sur l’évangile, la vie, l’amour, la liberté enrichissaient les uns et les autres tout en les imprégnant profondément pour leur épanouissement dans la vie. Avec le rétroprojecteur et le magnétophone, ils réalisaient des montages sur des sujets d’actualité, etc. Ils s’armaient pour l’avenir.
Une autre activité à souligner, c’est la remise des bulletins. C’était un temps fort de la vie écolière. Par ces rencontres, je m’assurais l’appui des parents. Je résumerai donc l’essentiel de ce merveilleux partage ainsi : enseignement nécessaire à l’assimilation de la matière en vue d’un bon cheminement dans la vie de foi.
Je garde donc un très bon souvenir de mes trois années passées à Sayabec. Ma pensée et ma prière s’envolent souvent vers mes ancien(nes) élèves, leurs parents, leurs professeurs, la direction de l’école avec qui se vivait une fraternité incroyable.
Sœur Thérèse Hughes f.j.
Rimouski
Bien sûr, j’ai travaillé avec plusieurs Filles de Jésus mais les ai-je bien connues? Lorsqu’elles sont arrivées parmi la gent masculine au secondaire, on les a bien appréciées et je peux vous dire qu’on les dérangeait pas mal durant leurs périodes de cours libres. Oui, assez pour qu’elles se plaignent à la direction…Mais, malgré tout, elles s’accommodaient de la situation et s’intéressaient souvent à nos propos.
J’ai travaillé longtemps avec Sœur Gisèle. Pour ceux et celles qui ont connu Gisèle Malenfant, ce n’était pas la fille à nous dévoiler les caprices ou les défauts de ses consoeurs. Mais je puis certifier que c’était une enseignante dévouée, compétente et proche de ses élèves.
Que ce soit comme enseignant ou directeur d’école, j’ai aimé les côtoyer et apprécier leurs talents.
Ma mère avait donc raison, les sœurs, les frères, les prêtres, etc., sont des gens bien à part des autres catégories; pleins de qualités et pas de défauts. Il aurait fallu que vous connaissiez ma mère, mes sœurs.
Longue vie aux religieuses avec lesquelles j’ai travaillé ainsi qu’à toutes les autres.
Très heureux de vous rencontrer au rendez-vous à Sayabec en 2005.
Louis-Paul Tremblay
Sayabec
Qui ne se souvient pas de la plus jeune des religieuses enseignantes au secondaire et professeure de piano au Couvent des Filles de Jésus de Sayabec en 1963-64-65? Je me revois encore prenant des marches aux récréations, sous l’œil bienveillant de ma « Supérieure » de l’époque, attirant surtout les jeunes élèves mâles à mes côtés. Que je les trouvais donc affables et chaleureux, malgré mon « statut de religieuse ».
D’autres étaient moins gênés de tirer quelques bouchons de papier lors de mes cours plus ou moins intéressants d’initiation à la musique!!! Aucun regret de ces bonnes années… Imaginez, je sortais tout juste du Noviciat avec tous mes vœux perpétuels en main.
Aujourd’hui, je suis mariée depuis trente belles années et j’ai deux beaux grands enfants.
Je passe occasionnellement à Sayabec en route pour visiter la parenté, il me revient alors de bien beaux souvenirs.
Au plaisir de se rencontrer au 100e!!!
Thérèse Francoeur-Grenier (Sœur Marie-Irène Françoise)
Granby
Souvenir d'une courte histoire à Sayabec
Il fut un temps, une courte histoire d’un an, débutant fin août 1969 :
Le temps venu d’entrer dans la Congrégation des Filles de Jésus,
Et vivre mon postulat à la communauté de Sayabec.
Amorcer une année de formation religieuse,
Parfaire ma formation académique,
M’intégrer à une classe de 11e sciences maths,
Travailler au milieu d’élèves fort sympathiques bien que beaucoup plus jeunes que moi…
Il fut un temps, une courte histoire…
Où le temps était employé à pleine mesure aux études :
Français, anglais, enseignement religieux…toutes les matières…
Performant dans l’une ou l’autre…peinant dans d’autres…
Apprentissage inoubliable où se sont succédé d’excellents professeurs.
Il fut un temps, une courte histoire inoubliable!!!
Marielle Hébert, f.j.
Rimouski
Avec joie, je vous rappelle un souvenir du temps où j’enseignais à Sayabec.
C’était en 1966, je crois. Madame Desrosiers, la Directrice de l’école, m’avait confié la « Sainte Enfance » de l’établissement. Avec mes élèves, j’avais fait un projet « Visiteurs lointains » pour stimuler les élèves, les miens et ceux des autres professeurs, à donner quelques sous pour les « Petits Chinois »… C’est ainsi qu’on les appelait dans le temps.
Avec la collaboration de Marjolaine Gagnon, Maryse Fortin et Alain Paquet, j’avais annoncé une visite extraordinaire dans l’école. Nous avons préparé en cachette des costumes d’enfants du Japon, de l’Afrique et de la Chine. Je les avais baptisés d’un nom qui avait quelque consonance avec chacun de ces pays.
Enfin, le moment venu de circuler dans une vingtaine de classes nous donna la chance de décrire les pays et coutumes de ces visiteurs venant de si loin. Ils parlèrent de la pauvreté de leur milieu, de l’usage des dons reçus, de leur gratitude pour nous qui les aidions ainsi.
Nos trois amis, ci-haut mentionnés se rappellent sûrement de cette activité qui sortait du cadre ordinaire de la journée. Moi aussi, je m’en souviens avec bonheur.
J’ai beaucoup aimé travailler à Sayabec, avec le personnel de l’école et tous ces jeunes qui nous étaient confiés et que je reverrai probablement à l’été, lors du 100e de l’arrivée des Filles de Jésus dans votre paroisse.
Je me prépare déjà à ces retrouvailles avec vous,
Gisèle Malenfant, f.j.
Rimouski
En 1905, il existait un besoin à Sayabec et les Filles de Jésus sont venues le combler. La communauté recherchait des personnes compétentes pour aider à enseigner aux enfants et les diriger vers le Seigneur dans
un environnement professionnel, affectueux et digne des traditions et des coutumes sayabécoises. De nombreuses religieuses ont défilé à la tâche et nous ont rendu un service hors pair.
Je me souviens entre autres, de Sœur Emma qui travaillait la terre avec brio et en récoltait ses dividendes. On avait cet amour en commun.
Tout comme moi, Sœur Gisèle était enseignante et nous pouvions communiquer et partager nos peines et nos joies reliées à l’éducation des petits. Ce sont des souvenirs inoubliables et appréciés.
Je vous remercie d’avoir accueilli mes filles au pensionnat et d’avoir permis à mes enfants d’aller manger avec vous le midi. On n’avait pas d’autobus jaune à cette époque.
Votre présence a été planifiée par le Seigneur qui a voulu choyer Sayabec de votre présence. Vous avez semé l’amour, le respect et le professionnalisme et nous vous en sommes reconnaissants.
Un gros merci et que Dieu vous bénisse.
Clémence Marcoux
Rimouski
En retournant dans mes deux premières années d’école avec Sœur Gisèle, il m’est revenu des souvenirs qui me font dire aujourd’hui : que de simplicité, de débrouillardise et d’esprit missionnaire!
Vous savez, que les patates peuvent coller au fond de la marmite; savez-vous qu’elles peuvent coller du papier? En première année, je l’ai appris. Sœur Gisèle nous avait invités à apporter un restant de patates cuites qui nous servirait de colle le lendemain. Résultats : expérience réussie, surprise générale.
Les jeunes costumés qui représentaient « les petits chinois » et ont fait la tournée des classes et nous faire voir les différences et nous inviter à être généreux pour la Sainte Enfance se souviennent-ils de cette activité? Nous étions en 2e année.
Pour ces bons moments et pour ce qui n’est pas dit, reconnaissance!
Jean-Pierre Desjardins
Sayabec