J'entendais dernièrement une dame me dire qu'elle pensait que sa mère était immortelle. Cette dernière venait de décéder après avoir été malade plusieurs années. Dans les mêmes jours, un texte sur Internet attirait mon attention. Un scientifique affirmait que la santé de notre planète se détériorait rapidement et que nous devions cesser de croire à son immortalité. Suite à quelques recherches plus poussées, j'ai tenté de dresser un bilan médical de la terre à la façon dont les médecins nous décrivent les maladies de nos parents.
Les poumons de la terre sont en très mauvais états suite à la déforestation massive à l'échelle mondiale. Il lui arrive de plus en plus souvent de s'enrhumer et ses quintes de toux, de plus en plus fortes, se traduisent par des Tsunamis, des tornades et des cyclones qui laissent d'immenses régions dévastées. Ses reins ne suffisent plus à oxygéner son sang, car des marais immenses on été sacrifiés pour l'humbanisation, l'industrie et l'agriculture. Que dire de son sang, cette eau souillée qui reçoit les détritus les plus variés? L'air qu'elle respire est pollué par les produits chimiques rejetés par les activités humaines.
Dernièrement, la température de son corps s'est élevée de quelques degrés et à chaque jour, elle voit disparaître à jamais des espèces végétales et animales qui lui sont si utiles. Face à la diminution rapide des insectes pollinisateurs, Hubert Reeves affirmait : « lorsqu'il n'y aura plus d'abeilles, ce sera la fin du genre humain ». Les battements de son cœur, souvent irréguliers, provoquent des tremblements de terre qui font des milliers de victimes. Elle est aussi atteinte d'une sorte de cancer de la peau. La couche d'ozone qui la protège des rayons ultraviolets du soleil se déchire et laisse de grands trous. Au cours du dernier millénaire, on a ouvert son corps à la recherche de minerais, de charbon, de pétrole et de gaz naturel. Ces fouilles lui ont laissé de vilaines cicatrices. C'est maintenant au fond des océans qu'on recherche ces produits, en ne se privant pas de détruire au passage l'habitat de milliers d'espèces végétales et animales.
Devant un tel diagnostic, que font ses enfants? Sommes-nous concients que notre mère à tous est gravement malade et que ses jours sont comptés? Les humains ont longtemps fermé les yeux, car ils pensaient que les océans pouvaient servir indéfiniment de dépotoirs, que les richesses naturelles étaient inépuisables et que l'émission de gaz de toutes sortes dans l'atmosphère n'auraient pas de conséquences.
Pouvons-nous sauver la planète? En regard de nos comportements actuels, la réponse est non; mais nous pouvons certainement éloigner l'échéance par des gestes simples, car les plus gros pays pollueurs s'entêtent à nier l'évidence. Chez les humains, les médecins peuvent parfois annoncer le moment du décès de nos mamans en termes de mois, quelques fois d'années; mais pour la terre, qui existe depuis la nuit des temps, l'échéance est impossible à prédire. Les scientifiques ont déja leur idée, mais des intérêts politiques et économiques camouflent les études alarmistes. Seul, le cinéma ose aborder le problème en nous présentant des films où les effets spéciaux nous donnent des visions apocalyptiques.
Il arrive qu'on prolonge la vie des humains par des techniques modernes, telles les transplantations d'organes, le recours à la dialyse ou même à la limite, à l'aide de respirateurs atificiels. Pour la terre, il n'y a qu'un moyen de prolonger sa vie, c'est par la multiplication de petits gestes quotidiens. Différents organismes environnementaux à travers le monde sont à l'œuvre pour nous proposer des comportements à la portée de tous et qui demandent très peu d'efforts. Le premier de tous est de mettre nos poubelles au régime, en recyclant et en compostant. Les Québécois sont parmi les plus grands producteurs de déchets au monde. Il faut aussi changer nos habitudes de déplacement en optant pour le vélo, la marche ou les transports en commun. Dans les grandes villes, un autobus remplace 50 voitures. En moyenne, un aliment parcourt entre 2,600 km et 4,000 km avant d'arriver à notre table. Serait-il possible de cuisiner et de manger des aliments locaux et écologiques? Tous, nous savons comment économiser l'énergie en réduisant le chauffage et la consommation d'eau chaude.
Sommes-nous prêts en tant qu'humains à faire notre petit effort quotidien pour léguer à nos descendants un environnement sain? Rappelons-nous que nous ne pouvons pas nous passer de la terre pour vivre, mais cette dernière, sans la présence des humains, aurait bien plus de chances de se refaire une beauté.