Au cœur de nos débats...
Depuis quelques années, nous assistons à une remise en question des traditions entourant la fête de Noël.  Cette année ne fera pas exception à la règle, car le « pèlerinage »  de la Commission Bouchard-Taylor à travers la belle Province offre à tout le monde la liberté de s'exprimer non seulement sur les accommodements raisonnables, mais aussi sur tout ce qui nous chatouille ou nous horripile avec notre voisin qu'il soit « Québécois de souche » ou immigrant de première ou de deuxième génération.
Il y a une dizaine d'années, il était convenable de se souhaiter un Joyeux Noël à l'approche du 25 décembre.  Aujourd'hui, certains grands commerces ont remplacé cette salutation par l'expression Joyeuses fêtes qui a vite été adoptée. Ce souhait, on l'entend un peu partout et on le retrouve même parfois sur des cartes de Noël à caractère religieux.  Plusieurs parmi nous trouvent exagéré que des organismes de toutes sortes doivent retirer le sapin de Noël qui décore leur bureau ou leur édifice sous prétexte qu'il présente un caractère religieux.
J'ose à peine imaginer ce qui se passe au mois de décembre dans nos écoles depuis que la laïcité a défendu la présence de symboles religieux.  J'ai encore présent à l'esprit la série télévisée Les Filles de Caleb dans laquelle la jeune institutrice Émilie Bordeleau prépare, pour l'ensemble de la paroisse, avec ses jeunes élèves, une pièce de théâtre ayant comme trame de fond l'Enfant-Jésus, Marie et Joseph.  Je me souviens  aussi avec nostalgie des messes de Minuit préparées à l'É.S.S.M.  (École secondaire Ste-Marie) par les Frères de l'Instruction chrétienne.  Les plus vieux d'entre nous parlent encore des voix d'or de Roger Dompierre et de Gérard Lepage.
Aujourd'hui, la multiplicité des religions dans nos écoles fait en sorte qu'il est défendu de fêter L'Halloween en classe parce que cette fête nous ramène à nos anciennes croyances concernant les défunts et leur fantôme.  Il est aussi défendu de tenir des échanges de cadeaux dans les derniers jours de décembre puisque certaines religions s'opposent à cette pratique.  Il faut même parfois modifier certains thèmes proposés par les guides pédagogiques pour ménager des susceptibilités.
Dans nos paroisses, nos églises sont devenues beaucoup trop grandes pour le peu de catholiques qui les fréquentent.  Dans nos villes québécoises, il n'est pas rare de voir des églises vendues pour être converties en condos de luxe, quand elles ne sont pas démolies tout simplement.
À l'approche de Noël 2007, j'aimerais vous présenter une vision plus optimiste.  À Sayabec, nous retrouvons notre cœur d'enfant et nous assisterons à la messe de minuit dans une des six églises de notre secteur pastoral, remplie à pleine capacité.  Les participants seront beaucoup plus nombreux qu'à l'occasion des rencontres du dimanche matin ou du samedi soir.  Après la messe, les traditions seront au rendez-vous : réveillon, Père Noël, cadeaux, échanges de vœux de circonstances et visites de la parenté.
Encore une fois, la magie de Noël l'emportera sur les aspects commerciaux de la fête.  Dans la majorité de nos demeures, nous retrouverons encore le sapin de Noël, accompagné de la célèbre crèche qui nous rappelle ce grand mystère qu'est la venue d'un enfant dans la plus grande pauvreté, mais acclamé comme un roi, autant par les plus pauvres que par les plus puissants de ce monde.
Joyeux Noël et Bonne Année!
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Jean-Claude Gagné
Volume 28 no 2