Le temps de lire
Un événement culturel marque juin 2006 à Sayabec, le 25e anniversaire  de notre Bibliothèque municipale.  Cette fête importante et mon amour de la lecture m'inspire ce dernier billet du volume 26.
Pour la plupart d'entre vous, comme pour moi, les livres scolaires furent peut-être votre premier contact avec les livres, précieux objets, portes ouvertes sur l'écriture, l'imaginaire, et la culture.  Si nous essayons de nous souvenir du premier livre qui nous a émus, du premier livre que nous avons reçu en cadeau, de ceux que nous avons donnés, de ceux qu'on nous a prêtés ou de ceux dont nous avons recommandé la lecture en les partageant avec nos amis, il nous reviendra des émotions et de la reconnaissance envers les personnes qui nous ont aidé à aimer la lecture et de la satisfaction à la pensée que nous avons aidé les autres à s'intéresser à la belle écriture.
Qui ne s'est pas senti comblé par le prix d'assiduité ou de succès décerné par monsieur l'inspecteur.  Le titre n'était pas toujours allumant mais c'était un livre.  Avec quelle avidité avons-nous parcouru les romans de Berthe Bernages, de Pierre l'Ermite et les récits scouts du Père Hublet, si je me souviens bien.  De nombreuses élèves se sont régalées de ce que nous offrait la bibliothèque scolaire qui nourrissait alors notre appétit de lire.
Avec le temps, l'accessibilité aux livres s'est élargie : les bibliothèques scolaires ont pris de l'ampleur, le goût d'acheter des livres s'est développé, les bibliothèques municipales ont été crées et il nous est possible de fréquenter, par Internet, la Grande bibliothèque du Québec à Montréal.  C'est dire qu'aujourd'hui, le livre est à la portée de tous.
Ainsi, nous avons plus facilement accès aux librairies et aux Salons du livre.  Les médias offrent des rubriques d'information pour nous faire connaître les écrivains et leurs œuvres.  En somme, les occasions de susciter de l'intérêt pour les livres sont multiples.  Comment accueillons-nous toutes ces opportunités et comment en tirons-nous profit?
Quelle place réservons-nous à la lecture dans l'organisation de nos loisirs?  Bien sûr, c'est toujours le même refrain : je n'ai pas le temps.  Pourtant, un sage, dont j'ignore le nom, a affirmé avec justesse : «Nous avons toujours du temps pour nos priorités.»
Un des meilleurs amis du livre, Daniel Pennac, riposte avec à propos : « La question n'est pas de savoir si j'ai le temps de lire ou pas, mais si je m'offre ou non le bonheur d'être lecteur
Vous est-il arrivé de vous imaginer analphabète?  Cet exercice demanderait trop d'efforts pour le mener d'une façon salutaire, il est bien plus facile d'apprécier notre capacité de lire, véritable privilège que nous n'utilisons pas au maximum.  Quelqu'un vous a-t-il déjà fait la confidence qu'il regrettait ne pas avoir d'intérêt pour la lecture?
Plusieurs n'aiment pas la lecture, nous le savons, tous les goûts sont dans la nature.  Les étalages de périodiques dans différents commerces répondent sûrement au besoin de s'informer et de se divertir de quelques lecteurs.  Chacun y va de ses intérêts.  L'important c'est de prendre le temps de lire pour mieux penser et mieux causer.
Je souhaite longue vie à notre Biblio « Quilit », cette oasis de culture depuis un quart de siècle chez nous.  Je félicite bien chaleureusement toutes les personnes impliquées dans ce précieux service dont toute la population peut bénéficier.
Jacqueline Paquet
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Volume 26 no 5