On se rappelle tous qu'en 1994, les fêtes du centenaire de Sayabec faisaient référence à l'avenir, en plus d'évoquer le passé. Le thème était « Un souvenir, Un devenir ». Nous avions probablement raison d'être optimistes, car l'usine Panval, devenue propriété d'Uniboard Canada, était le principal employeur de la région. Bien plus, de toutes les usines d'Uniboard, celle de Sayabec était la plus productive, si bien qu'en l'an 2000, un ajout de 120 millions de dollars doublait sa production et donnait de l'emploi à 400 travailleurs. À l'ouverture de l'usine en 1983, notre population se chiffrait à 2200 alors qu'aujourd'hui, elle ne compte que 1877 habitants.
La lecture du chapitre consacré à la vie économique dans « Je vous raconte Sayabec » publié en 1994 pour le centenaire, nous fait prendre conscience des pertes énormes que nous avions subies entre 1950 et 1994 dans le secteur économique. Comble de malheur, en septembre 2005, à cause de la concurrence étrangère et de hausse du dollar canadien, Uniboard a licencié la moitié de ses employés.
Du côté de l'éducation, le déclin démographique, associé à l'exode de nos jeunes, nous fait très mal. Qu'on se souvienne des espoirs créés par l'arrivée de la polyvalente en 1974. Cette dernière, construite pour 450 étudiants, ne suffisait pas pour loger ses 735 étudiants. Les prévisions les plus optimistes pour septembre 2006 nous parlent d'une clientèle d'environ 190 jeunes. Des « rumeurs urbaines » brandissent le spectre de la fermeture des classes de 3e et 4e secondaires dans un avenir assez rapproché. Du côté de l'école primaire, on assiste aussi à une baisse significative de la clientèle. À quand la mobilisation pour rapatrier chez nous nos élèves qui remplissent des écoles devenues trop grandes?
Du côté religieux, le présent numéro de L'Écho sayabécois traite abondamment du sort réservé aux 3 églises de notre secteur : St-Cléophas, Sayabec et Val-Brillant. La pratique religieuse, ici comme ailleurs, ne se vit plus comme avant et la baisse importante de notre population nous oblige à questionner la pertinence de 3 églises pour à peine 3500 âmes.
Les pessimistes diront : « triste bilan », mais les optimistes y trouveront une belle occasion pour se retrousser les manches et travailler à faire changer les choses.
Du côté municipal, un important colloque a rassemblé la population, dimanche le 2 avril dans le but de visualiser le Sayabec des 5 prochaines années. Pour leur part, les membres élus des 3 conseils de Fabrique de notre secteur nous invitent à d'importantes réunions de discussions au cours du mois d'avril pour jeter des jalons pour l'avenir de nos églises. Dans le domaine scolaire, différents comités s'affairent à proposer des programmes des plus intéressants pour éviter que nos écoles ferment leurs portes.
Avant aujourd'hui, plusieurs sujets étaient devenus tabous. Voilà pourquoi beaucoup de questions devront trouver des réponses : le déclin démographique, l'exode de nos jeunes, l'embauche à Panval, la fermeture de notre CHLSD, le parc industriel, etc. Nous croyons qu'il est plus que temps de parler ouvertement de toutes ces problématiques.
Pour offrir une qualité de vie aux générations à venir, il faut faire valoir nos idées et nos opinions. N'ayons pas peur de se faire traiter de contestataires, d'anti-régionaux ou de « chialeux » lorsque nos revendiquons au nom de la collectivité sayabécoise. Fiers d'un passé construit par nos ancêtres, préparons ensemble le devenir pour nos enfants et nos petits-enfants... à Sayabec.
Mobilisons-nous pour un développement durable.