Le bonheur des grands-parents
En décembre 1997, j'écrivais mon premier billet pour L'Écho sayabécois. Deux mois plus tôt , un tragique accident d'autobus à Saint-Joseph-de-la-Rive avait fait une quarantaine de victimes, principalement des personnes âgées de Saint-Bernard, petit village de 2,000 habitants de la Beauce. Je m'étais interrogé sur le vécu des petits-enfants qui avaient perdu un et parfois deux grands-parents alors que toutes les familles, on se préparait à fêter Noël et le Nouvel An.
Depuis ces malheureux événements, j'ai personnellement connu les joies d'être grand-père à six reprises. Je m'imagine difficilement sans eux et surtout, je ne les échangerais pas pour rien au monde. Pour tous ceux et celles d'entre vous qui êtes grands-parents, vous avouerez que les bonheurs que procurent ces petits l'emportent facilement sur leurs petits écarts de conduite. Certaines personnes disent que les grands-parents ont le beau rôle : gâter les petits-enfants et ne jamais les réprimander. La réalité est tout autre : ces petits sont le prolongement de nos enfants et les valeurs que nous leur avons inculquées doivent nécessairement se retrouver chez leurs propres enfants.
Comme grands-parents, nous avons beaucoup de temps et d'amour à donner. En leur présence, nous vivons de merveilleux moments. Chez les petits, tout est plaisir ou se transforme en plaisir. Il faut être capables de remplacer les parents à l'occasion pour les leçons, les devoirs, les activités culturelles ou sportives et parfois même pour les rencontres d'initiation à la vie chrétienne. Prendre la relève des parents, c'est aussi garder les petits une fin de semaine de temps à autre pour permettre à leurs parents de se retrouver en couple ou avec des amis. C'est aussi être capables de les garder une semaine ou deux lorsque les parents ont besoin de vacances dans le sud. C'est aussi s'offrir le plaisir de les amener voir un bon film, prendre un repas au restaurant, partir en voyage avec eux ou faire des choses qu'ils aiment.
En cette période de l'année, les grands-parents planifient les rencontres familiales puisqu'il est de tradition québécoise que les célébrations de Noël et du Nouvel An se vivent sous leur toit. Il faut négocier serré et tenir compte des rencontres chez les parents du conjoint ou de la conjointe de nos enfants.
Tout ceci nous amène à penser à la vie de Jésus avec ses grands-parents. Les Évangiles ne font que nommer le père de Joseph pour nous apprendre qu'il était de la lignée du roi David; pour ce qui est de sa mère, toutes les recherches à son sujet n'ont rien donné. Heureusement, on en sait un peu plus sur les parents de Marie : Anne et Joachim qui ont dû attendre vingt ans avant de connaître les joies d'être les parents de celle qui donnera au monde le libérateur attendu depuis plus de quatre mille ans. Les images pieuses nous montrent Sainte-Anne tenant son petit-fils, Jésus dans ses bras, mais jamais accompagnée de son époux. Il faut admettre que les Écritures consacrent peu de textes à l'enfance de Jésus qu'on appelle souvent vie cachée par opposition à sa vie publique qu'il a commencé à 33 ans.
Qu'il nous soit permis de visualiser une rencontre familiale où Jésus se serait déplacé avec son père et sa mère pour visiter ses grands-parents. On ne peut faire autrement que d'imaginer les regards affectueux et admiratifs qu'Anne et Joachim portent sur ce petit-fils destiné à jouer un si grand rôle dans l'histoire de l'humanité.