Le temps de la sagesse
                         et de la bienveillance
Tout le monde le sait, la célébration d'un centenaire s'annonce à Sayabec.  En juin prochain, nous accueillerons des personnes de tous âges qui participeront à la fête.  La communication exceptionnelle entretenue avec des aînées depuis le début de notre projet, l'inscription de religieuses de Trois-Rivières dont les âges varient de 85 ans à 91 ans, l'intérêt de doyennes chez les Filles de Jésus de Rimouski et la participation de plusieurs retraités à l'organisation m'ont inspiré la présente réflexion sur la vieillesse. Je vous partagerai des observations et des glanures de lectures susceptibles d'aider à porter un regard neuf sur cette étape de la vie souvent appréhendée et maltraitée.
Cicéron, grand philosophe romain alors âgé de 62 ans, a écrit, 45 ans avant Jésus-Christ, un traité sur l'art de vieillir.  Considérant que la nature humaine est demeurée inchangée, il est normal que nos gens engagés dans le dernier tournant de la vie partagent ses propos.  «Pourquoi reprocher à la vieillesse de nous écarter de la vie active » alors que tant de volets sociaux et familiaux réclament notre aide?
Regardons le témoignage éloquent des personnes qui assument des responsabilités dans nos organismes paroissiaux.  Une forte proportion de retraité(e)s forment des équipes efficaces de bénévoles capables de travailler dans l'harmonie et de persévérer dans leurs engagements avec un dynamisme remarquable.
Ils sont merveilleux ces grands-parents qui cuisinent, tricotent, cousent, bricolent, multiplient préparatifs et surprises pour faire plaisir à leur progéniture.  En somme, l'accueil greffé dans la grande capacité d'écoute et dans l'entraînement à partager s'avère un antidote efficace à la solitude.
Sœur Teresa affirmait tout simplement : «Afin qu'une lampe continue de brûler, il nous faut y ajouter de l'huile.»  Lorsque nous donnons temps, amour et énergie aux autres, nous contribuons à entretenir la grande flamme de l'humanité.
Bien sûr, la vieillesse affaiblit notre corps mais il est moins commandé aussi.  Encore faut-il apprécier tous les soins qui ont prolongé la longévité, nous sécurisent et nous soulagent dans nos écarts de santé.  Accepter nos lenteurs évidentes, notre mémoire moins rapide et notre physique moins élégant devient un impératif.  Pourtant rien ne peut remplacer la jeunesse de l'âme et du cœur.  Vous l'avez expérimenté : vivre intensément le temps qu'il nous reste, goûter ces moments de partage avec les personnes qui apprécient notre bienveillance et notre sagesse, remercier le Ciel de ce merveilleux cadeau de la vieillesse nourrissent notre sérénité et ajoutent de la qualité à nos «vieux jours.»  Vous avez dû le remarquer aussi, les aîné(e)s disposent de plus de temps pour la vie spirituelle; la prière et la méditation occupent une place de choix dans leur journée.  Ils préparent soigneusement leur entrée dans la dernière demeure.
Vous en conviendrez, l'acceptation de l'étape ultime de la vie concorde avec notre caractère et l'entraînement que nous nous sommes donné au cours de notre vie.  L'habitude de nous lamenter s'accentue en vieillissant; par contre, la richesse des ressources qui nous ont aidés à vivre dans le bonheur nous rend d'agréable compagnie à l'âge de la bienveillance et de la sagesse.
Aussi, lors des retrouvailles avec nos enseignantes d'hier, nos compagnes de classe de jadis et les ami(e)s des religieuses nous permettront de découvrir dans la lumière de l'amitié cette jeunesse éternelle, caractéristique des personnes qui ont travaillé avec amour.  Vienne le 26 juin!
Jacqueline Paquet
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Volume 25 no 4