Y réfléchir ...c'est agir
Deux événements marquants ont fait dernièrement la manchette des journaux du monde entier.  Tout d'abord, le 26 décembre, un tsunami a causé la mort d'environ trois cent mille personnes en Asie du Sud-Est. Un mois plus tard, le 27 janvier, les yeux du monde se tournaient vers la Pologne, à Auschwitz plus précisément, pour rappeler le 60e anniversaire de la libération de ce camp par les armées russes. 
Suite au premier événement, un élan de générosité sans précédent a permis aux populations sinistrées de recevoir de l'aide de toutes sortes.  Les journaux nous ont fait connaître ces grands organismes mondiaux, comme la Croix-Rouge internationale, qui mobilisent leurs troupes à chaque sinistre important.  Le deuxième événement nous a rappelé un drame qui s'est joué durant le deuxième guerre mondiale.  L'extermination de six millions de personnes, en majorité des Juifs, a de quoi nous révolter.
Sans minimiser l'importance et la gravité de ces faits, il faut se rappeler qu'en ce moment même, des millions de personnes un peu partout dans le monde endurent les pires souffrances.  Des recherches récentes nous apprennent qu'à chaque année, de 40 à 60 millions de personnes meurent de faim ou de problèmes de santé dus à la malnutrition.  Selon le directeur général de la FAO, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 840 millions d'humains ne mangent pas à leur faim.  Le problème le plus grave se retrouve en Afrique.  Le taux élevé de sida fait en sorte que les parents malades ne peuvent travailler pour nourrir leur famille.
Le Fonds mondial de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a récolté moins de cinq milliards de dollars au cours des quatre dernières années.  La communauté internationale n'a pris que quelques jours pour réunir la même somme pour les sinistrés du tsunami.
Toujours en Afrique, au cours des vingt dernières années surtout, on a assisté à de nombreux conflits.  Dans plusieurs cas, on a découvert après coup de véritables charniers, témoins éloquents de génocides perpétrés au nom d'idéologies basées sur les différences ethniques, raciales ou même religieuses. On se souvient encore des actes odieux des extrémistes Hutu commis au Rwanda qui ont fait près de 2 millions de victimes.  Malheureusement, ce conflit a dépassé les frontières du Rwanda pour s'étendre au Zaïre.   Tout dernièrement, nous apprenions qu'un accord de paix avait été signé entre les opposants au Darfour, dans le sud du Soudan.  Encore là, on a assisté à des massacres de population.  Dans tous ces conflits africains, on assiste à de nombreux déplacements de population vers d'autres pays dans des camps de réfugiés.  En 2003, plus de 3 millions de personnes habitaient ces camps.
Les cérémonies qui ont marqué le 60e anniversaire de la libération d'Auschwitz ont donné lieu à une prise de conscience de plusieurs chefs d'état.  Pourtant, à l'heure actuelle, de nombreux conflits secouent notre planète.  Ils ont tous comme toile de fond des divergences raciales, politiques et souvent même religieuses.
Le terrorisme a atteint un degré de violence inconnu jusqu'à maintenant.  Les armes recherchées par les Américains dans le conflit les opposant à l'Irak se trouvent quelque part, mais où? On ne peut s'imaginer le nombre de décès que causerait une d'entre elles, ni les conséquences écologiques qui suivraient.  Qui aurait pensé qu'en ce début de 3e millénaire, il serait possible d'assister à des décapitations en direct sur Internet?
Souhaitons que ces actes barbares et ces catastrophes ne demeurent pas seulement dans nos souvenirs, mais se traduisent dans des gestes humanitaires quotidiens.
Jean-Claude Gagné
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Volume 25 no 3