Le temps qui passe
Nous tournerons bientôt la dernière page du calendrier et nous répéterons pour la nième fois : comme l'année a passé vite!  Est-ce le temps ou nous qui passons vite?
Poser la question c'est y répondre.  Il me revient ces paroles de ma mère au décès de mon père, à quelques mois de leur soixantième anniversaire de mariage, « La vie a passé trop vite. »  Jour après jour, nous entendons parler du temps, voici vos propos que j'ai retenus : « Plus on vieillit, plus le temps passe vite. » « La journée vient de commencer et elle est déjà finie. » «Je suis toujours rendue au vendredi...» « Les enfants grandissent, comme le temps à  passé vite! » « Les photos nous rappellent que le temps passe vite. » « Le temps, c'est comme l'argent, on en a jamais assez. » « Je ne vivrai jamais assez vieille pour réaliser tous mes projets. » « C'est bien arrangé, quand on vieillit, on prend plus de temps pour faire son ouvrage et on a pas le temps de s'ennuyer, » Vous allongeriez à l'infini la liste car le temps est dans la denrée la plus précieuse distribuée également à tout le monde et que nous en soyons conscients ou non, habituellement, nous en disposons à notre guise.
Avez-vous remarqué comme il est difficile de situer un évènement passé ou un simple souvenir dans le temps?  À moins d'avoir un point de repère sûr, nous évaluons difficilement la durée du temps. À la question : combien ça fait de temps? Nous avons raison d'hésiter à répondre; l'expérience nous l'a appris : dix ans derrière nous semblent tout près alors qu'une échéance de dix ans nous paraît bien loin.  C'est comme si le temps passé se comprimait et que le temps à venir prenait de l'expansion.
Autre phénomène sur la mesure du temps, c'est sa durée psychologique, en agréable compagnie, devant une œuvre d'art, pendant un beau spectacle, dans un voyage de rêve, en exécutant  un travail qu'on aime, on ne voit pas passer le temps. Alors qu'en présence d'une personne ennuyante, dans l'angoisse d'une attente, lors d'un voyage obligatoire dans des conditions atmosphériques exécrables, dans une corvée particulièrement harassante, le temps n'en finit plus de finir.
Quelques personnes ont peut-être le goût d'ajouter : Le temps ne passe pas si vite quand on est seul dans sa maison, dans sa chambre de pension, dans une salle d'attente ou dans la solitude d'une vie à deux brisée. Bien sûr qu'il existe des circonstances où nous sommes mis à l'épreuve et nous devons nous ajuster à des situations capables d'alourdir le temps.  Il existe aussi des moyens de l'alléger, de le laisser couler. Nous avons la responsabilité de les trouver et d'accepter qu'on nous aide à meubler notre temps.  Il y a des moments où le temps prend toute son importance.  Vous le savez, nous voudrions le goûter au maximum et ne rien oublier de sa plénitude. Le temps est un cadeau du Ciel et la façon de l'utiliser est un cadeau que nous nous faisons.
Et ce cadeau aura la qualité de nos intérêts, de notre habileté à communiquer, de notre capacité d'accueillir, de notre habitude à partager, de notre entraînement à réfléchir; somme toute, des valeurs que nous aurons cultivées.
Pour l'année 2005, il me semble réaliste de nous souhaiter de bien utiliser le temps pour ne pas en manquer; de prendre du temps pour nous parler, pour nous écouter et pour nous aimer.  Voilà une recette quasi infaillible pour que le temps passe vite et bien.
Jacqueline Paquet
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Volume 25 no 2