Triste réalité
Nous nous interrogeons  sur cette triste réalité : les personnes âgées sont victimes de violence. Des organistes et des spécialistes font équipe, tentant de l'expliquer et la combattre.
Pour quiconque a pris soin d'un vieux parent en perte d'autonomie, il répugne d'associer l'idée de violence à cette expérience qui le rejoint dans les fibres les plus sensibles de son être.
Des faits observés ici et là racontés par les proches ou dénoncés dans les médias nous en donnent des frissons. C'est par le terme ''abus'' qu'on exprime la problématique de la violence faite aux aînés.
Dans le milieu familial, des cas d'abus physique sont souvent détectés par les marques qu'ils laissent. On identifie les coupables : tantôt, un fils ou une fille fatigués et stressés à cause des exigences de la responsabilité.
Il est plus subtil mais non moins réel, l'abus psychologique : menaces, humiliation, paroles blessantes qui peuvent provenir tant de la famille que de toute personne dispensant des soins et des services aux aînés. Privée de chaleur humaine, la personne âgée porte péniblement les misères physiques dont elle ne peut se soustraire.
Que dire de la visite régulière lors de l'arrivée du chèque, de l'exploitation ou des détournements de fonds? L'appât du gain, le désir de posséder poussent l'individu profiteur à s'approprier les bien de la personne âgée. Il lui prouvera la diminution de ses besoins et la convaincra de gérer autrement ses avoirs. L'amour de ses enfants et la confiance aveugle l'amèneront à céder aux diverses pressions. Déposséder, elle sombrera dans une dépendance financière qui ne lui était pas dévolue.
Malgré l'implication sociale d'une forte proportion d'aînés, on les accuse de n'être plus productifs et d'être une charge pour la société. Propos pour le moins dénigrants. La réflexion fait découvrir que les aînés sont encore utiles et productifs mais d'une façon différente.
Bien des démarches sont menées pour informer le public et former les intervenants auprès des personnes âgées afin de contrer cette violence éhontée.
Les invitations persistantes à dénoncer les cas d'abus n'ont que très peu d'échos, on a peur des représailles. Les victimes sont des sans-voix, elles ont besoin d'aide. Pas facile de dénoncer. Il faut savoir quoi dire, bien le dire et à qui le dire...
Les aînés, sensibles à cette situation, développent de nouvelles attitudes et participent au changement de mentalité à leur égard. Ce sera peut-être mieux quand ce sera notre tour d'être vieux. Travaillons-y en cultivant cet espoir.
Jacqueline Paquet
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Volume 15 no 6