Il se passe rarement une journée sans que les orientations du ministère de l'Éducation, mieux connues sous le nom de Réforme, ne fassent le sujet de lettres ouvertes dans les grands quotidien. Dernièrement, dans notre région, le syndicat mettait en doute ''la compétence'' de certains enseignants. Pire encore, au cours de l'automne, un politicien très connu a osé donner publiquement une opinion négative sur le nouveau bulletin scolaire au primaire.
Devant ces faits, nous sommes tous portés à prendre position parce que, qui que nous soyons, nous avons fréquenté l'école et nous avons notre ''petite idée'' sur ce qu'est un bon professeur et sur le rôle que doit jouer l'école.
Il est indéniable que le visage de l'école a changé. Il y a moins d'un siècle, les élèves apprenaient leur alphabet et les rudiments du calcul sur des ardoises. Aujourd'hui, les jeunes de l'élémentaire impressionnent leurs grands-parents, quand ce n'est pas leurs parents, par leur connaissances en informatique. Il y a cinquante ans, un dictionnaire dans une classe était une denrée rare tandis que maintenant, l'écran de l'ordinateur a remplacé les bibliothèques implantées à grand frais dans la foulée du Rapport Parent.
Il y a cinquante ans, on disait d'une personne qui choisissait l'enseignement qu'elle avait la vocation. Dans les années soixante et soixante-dix, enseigner était devenu une profession. On jugeait souvent un professeur d'après ses diplômes universitaires. De nos jours, quand on compare les salaires versés aux enseignants à ce qui se paie en industrie, on comprend plus facilement que l'attrait est différent. Si la passion d'enseigner et l'amour de jeunes n'y sont pas, on choisit un travail plus rémunérateur.
L'enseignant de l'an 2000 n'a pas la tâche facile, il doit s'adapter aux réalités sociales de son temps telles : problèmes de toxicomanie, perspective d'emploi inexistante, situation familiale difficile, contexte économique précaire, etc. Sa priorité n'est plus de faire passer des connaissances, mais de développer des compétences, c'est-à-dire rendre le jeune capable d'appliquer des procédures pratiques dans une situation de travail concrète. L'école doit le préparer à voler de ses propres ailes vers le marché du travail.
La qualité d'un professeur se mesure beaucoup moins qu'avant à ses compétences disciplinaires qu'à sa capacité à entrer en relation avec le jeune dans le but de lui faire aimer ce qu'il est et ce qu'il fait pour affronter le monde de demain.
Nous souhaitons que la créativité, la connaissance du comment le jeune apprend et l'innovation qui sont au cœur de la réforme puissent contribuer à augmenter la motivation des jeunes et leur donner le goût de se bâtir un projet de vie dès leur jeune âge.