Le monde a vraiment changé...
Depuis les tragiques événements du 11 septembre, une phrase est souvent revenue nous rappeler l'ampleur des circonstances de l'attentat : « le monde a changé ». Bien sûr, les terroristes, en s'attaquant aux bases financières américaines, ont porté un dur coup à une économie qui battait de l'aile et qui montrait déjà des signes de récession. La peur des voyages en avion et la psychose engendrée par une éventuelle guerre bactériologique n'aident pas non plus.
À la demande expresse du président américain, nous sommes bien involontairement entrés dans une guerre que plusieurs d'entre nous n'ont pas souhaitée. L'histoire nous démontre que le conflit actuel prend ses sources très loin dans le passé et que les guerres, même celles dites de religion, n'ont jamais apporté de solutions durables. Avant de déclarer la guerre aux Talibans, a-t-on pris le temps de réfléchir sur les motivations profondes des terroristes? Qu'est-ce qui pousse certains peuples à tant détester les Américains et leurs alliés? A-t-on oublié que les premiers terroristes venaient du Moyen-Orient et que la paix entre la Palestine et Israël ne semble pas imminente? Les véritables assises de ces affrontements proviendraient-ils pas plutôt de la différence sans cesse grandissante entre des pays trop pauvres et des pays trop riches?
Suite à ces considérations, ne vaudrait-il pas mieux regarder en dedans de nous même pour trouver de l'amour, de la compassion et nous demander ce qui pourrait être amélioré ou changé? Nous avons tous condamné les terroristes qui ont causé la mort d'environ 6,000 personnes aux États-Unis, mais nous fermons les yeux sur les 36,000 avortements pratiqués dans la seule province de Québec annuellement. Que faisons-nous pour les 29,000 enfants qui meurent chaque jour à cause de la pauvreté?
Nous nous scandalisons des méthodes utilisées par les terroristes, mais nous tolérons trop souvent sans les dénoncer des cas d'inceste, des situations de violence conjugale, des abus physiques sur des personnes âgées et différents délits commis par des bandes criminalisées. Ne vaudrait-il pas mieux faire des efforts pour changer en tant qu'individu avant de tenter de changer le monde?
En cette période de l'année, ne serait-il pas le temps de faire la paix avec soi-même avant de s'imaginer l'imposer au reste du monde? Une fois la paix intérieure retrouvée, nous pourrons l'offrir à nos proches qui, eux, à leur tour, auront plaisir à la propager. Nous rejoindrons ainsi le souhait de Robert Lebel dans le refrain de sa chanson :     « Tous ensemble »
Tous ensemble, il me semble...
On pourrait changer le monde
De jour en jour, de cœur en cœur
Par des gestes d'amour
Tous ensemble, il me semble
On pourrait changer le monde
En changeant tout d'abord son cœur
Imaginons un instant que le matin de Noël, tous les humains chassaient de leur cœur une partie de la haine qu'ils vouent à leurs proches et déjà nous pourrions affirmer haut et fort : « le monde a vraiment changé. »
Jean-Claude Gagné
Retour à billet
Volume 22 no 2