Le 11 septembre 2001, la terre a presque cessé de tourner, notre vision du monde a basculé. Les États-Unis ont été frappés. Nous avons été témoins d'une attaque terroriste diabolique.
La télévision nous a inondés de scènes d'horreur qui frôlaient la fiction et des spécialistes analysaient pour nous la situation. Les journalistes de la presse écrite et les opinions de lecteurs couvraient largement le sujet. Nous étions sidérés par ce fanatisme, cette folie meurtrière qui a frappé des milliers et des milliers de victimes innocentes. Nous cherchons à comprendre ces gestes insensés pour nous, libérateurs pour ceux qui les ont posés.
Les mots : terrorisme, intégriste, kamikaze et régime taliban sont entrés dans nos conversations. Nous avons fait connaissance avec Oussama ben Laden devenu le suspect numéro un à pourchasser. Nous avons tenté de saisir la motivation de ces terroristes, meurtriers suicidaires, capables d'un tel carnage pour servir une cause jugée légitime. N'ont-ils pas atteint un niveau de haine et de désespoir épouvantable pour attaquer ainsi un peuple qui a beaucoup misé sur l'argent et la force militaire pour afficher sa suprématie en politique mondiale?
Un océan de fraternité a enveloppé les victimes de la désolante tragédie. Les survivants du drame témoignaient de l'entraide des collègues et des pompiers dans leur course effrénée pour descendre les interminables escaliers et fuir cet enfer. Les tours du World Trade Center, symboles de la puissance économique des États-Unis, se sont effondrées comme de fragiles châteaux de cartes. Le Pentagone a été sévèrement écorché aussi. Et les héros dans l'avion qui devait atteindre la Maison Blanche ont limité la frappe.
Quelques jours plus tard, les Américains vivaient leur deuil et c'était jour de recueillement à Washington, à Ottawa et partout à travers le monde. Un mouvement universel de compassion a déferlé sur New-York. Ce deuil est aussi le nôtre. Les minutes de silence et les prières disaient notre indignation et portaient notre solidarité. D'autres gestes concrets ont été posés pour aider les victimes et leurs familles. Entre autres, des personnalités du monde artistique ont organisé des galas de bienfaisance chez nos voisins su Sud et chez nous. Des initiatives non médiatisées ont apporté un baume aux éprouvés.
L'évènement a suscité des remises en question qui collent à la vie. Que de personnes se sont rebranchées sur les valeurs plus importantes que l'argent et les biens de consommation. Nous avons appris que l'être humain, peu importe sa classe sociale, son niveau de richesse ou son lieu de résidence, est vulnérable et que la vie sur cette terre est fragile et sacrée. Nous avons vu une grande puissance désarmée devant l'ennemi invisible et omniprésent : le terrorisme.
De sérieuses interrogations pointaient aussi. Quand ce terrorisme international va-t-il s'arrêter? Comment va-t-on réussir à le contrer? Qui réussira à convaincre les détenteurs du pouvoir de cette vérité : ''La paix est fruit de la justice et de la charité''?
Des remous d'inquiétudes accompagnent les déclarations du Président sur les solutions envisagées pour venger le peuple américain. L'option non-violence semble utopique. Pourtant, nous le savons par expérience la loi'' Œil pour œil dent pour dent'' a fait ses preuves et elle est reconnue pour ses effets négatifs. De grands réformateurs pacifistes : Jésus, Gandhi, Martin Luther King ont dénoncé cette loi dans leur lutte contre le mal et nous ont incités à ne pas rendre le mal pour le mal. J'emprunterai une citation de Gandhi toujours d'actualité : ''La non-violence ne consiste pas à renoncer à toute lutte réelle contre le mal. C'est au contraire une lutte plus active et plus réelle que la loi du talion.''