La noblesse du cœur et de l'esprit
Point n'est besoin d'être riche et instruit pour être paré de cette noblesse; il suffit, je crois, de révéler par nos gestes et par nos paroles notre respect des personnes et des choses.
L'idée de cette réflexion m'est venue en lisant le dernier billet de Jean-Claude qui disait : ''pour développer l'estime de soi des enfants, il faut les traiter comme des êtres humains uniques qui veulent être reconnus et acceptés pour ce qu'ils sont.'' Nous sommes tous des être faits d'ombres et de lumières, d'amour et de haine; il faut accepter cette grande réalité dans nos vies humaines et comprendre que tous, qui que nous soyons, nous avons besoin d'être respectés pour grandir.
Le mot ''respect'' est omniprésent dans nos façons de dire. Depuis que je porte une attention spéciale au respect, - pour en parler -, j'ai noté les différents usages que nous en faisons et vous seriez surpris de connaître l'inventaire dressé par l'écoute et la lecture. Je vous partage ma liste : respect de la vie, de la dignité humaine, de la démocratie, de la vie privée, des orientations sexuelles différentes, des lois, des cultures, de l'opinion de l'autre, des droits d'auteur, des données, des biens publics, de la parole donnée, de l'environnement, des animaux, des droits, des traditions, des délais, de la manière, du couvre-feu... S'il fallait que tous ces volets du respect soient respectés, ce serait le bonheur sur terre.
À bien y penser, toutes ces formes de respect prennent racine dans l'amour, la tolérance, la non-violence, la solidarité, la justice, l'obéissance, la discrétion qui demandent d'être cultivés toute une vie.
L'éducation au respect commence chez le tout jeune enfant qui apprend à dire : merci, s'il vous plaît, bonjour... Et cet éveil à la civilité croît avec l'âge et rend les relations humaines agréables à l'école et dans la société. Un problème dérange, inquiète et il a de l'ampleur puisqu'il faut des campagnes pour contrer la violence chez les jeunes. J'apprenais dernièrement qu'en France, le ministre de l'Éducation a lancé une campagne dans les écoles : ''Le respect ça change tout!''
De nombreuses recherches ont été menées pour identifier les causes de la violence. Première accusée : la télévision, nourriture du jeune, dont le contenue sans supervision est toxique. La télévision développe un imaginaire de violence où le respect est la dernière des préoccupations. Les jeux électroniques provoqueraient des effets néfastes aussi. On dénonce ces coupables mais ils sont là pour rester.
Les adultes sont fortement interpellés et la famille a une influence beaucoup plus grande que l'école sur l'enfant. C'est dire que si une autorité douce et ferme s'exerce à la maison pour trouver des modes de solutions des problèmes, le respect s'installera. Comme les automobilistes ont besoin d'un code de route, les enfants ont besoin d'un code de vie proposé par des adultes éclairés qui les sécurisent et leur donnent l'exemple.
La société doit assumer une large responsabilité dans la situation que nous déplorons collectivement mais, comme individu, nous ne pouvons nous soustraire à l'obligation de faire notre modeste part pour freiner l'escale de la violence.
Encore faut-il prendre conscience que la violence et le mépris produisent des éclaboussures qui reviennent en boomerang alors que le respect inspire le respect.