La liturgie de cette période de l'année nous rappelle l'attente d'un libérateur annoncé depuis plus de 4,000 ans par les prophètes. Selon la Bible, il devait naître dans des conditions plus que modestes tout en étant destiné à devenir le Roi des Rois.
Faisons maintenant un retour en arrière de 2000 ans pour retrouver sur la route menant à Bethléem un homme du nom de Joseph accompagné de marie, son épouse. Cette dernière est enceinte et elle sent que le moment de le naissance approche. Leur plus grande préoccupation : trouver une chambre dans une auberge, car les hôpitaux n'existaient pas.
Les livres historiques nous apprennent que l'empereur romain, César Auguste, avait ordonné un grand recensement à la grandeur de la terre. À cette époque, les fonctionnaires du gouvernement ne se déplaçaient pas de maison en maison pour faire le compte de la population, mais chaque chef de famille allait s'enregistrer avec les siens dans la ville de sa naissance. Ce décret explique la présence de Marie et Joseph loin de leur demeure de Nazareth malgré l'urgence de la naissance de Jésus. Ces derniers auraient sûrement préféré vivre cet évènement bien sagement à la maison.
Plusieurs d'entre nous connaissent peut-être un couple qui attendent un enfant dans les derniers jours de décembre. Arrêtons-nous un instant et imaginons les différences entre ce qui se passe aujourd'hui et ce qui ce passait au temps de Jésus. On imagine mal Marie se déplacer de commerces en boutiques et négocier l'achat du matériel nécessaire à l'arrivée de l'enfant. Elle n'a qu' un avantage sur les femmes enceintes de son époque : elle a appris de façon surnaturelle qu'elle porte un fils. De nos jours, les futures mères, du moins dans nos pays modernes, apprennent par échographie le sexe de l'enfant à naître. Ce précieux renseignement simplifie toute l'organisation. C'est un garçon : on évite certaines couleurs réservées aux filles et on peut déjà lui trouver un nom. Toute la parenté est mise au courant qu'on le baptisera sous le nom de Jérôme. En attendant la naissance, les parents visitent les boutiques spécialisées, suivent des cours prénataux et savent depuis longtemps où se déroulera ce merveilleux moment. Les grands-parents s'associent à l'évènement et ne ménagent ni les conseils, ni les heures d'ouvrage. L'attente se transforme en une fête perpétuelle.
Pour Marie et de Joseph, une naissance était aussi source de réjouissance, mais un voyage à d'os d'âne dans les derniers jours de la grossesse comportait beaucoup de risques. L'histoire nous apprend que le couple a dû se réfugier dans une étable, car les auberges étaient bondées à cause du recensement. Marie aurait souhaité la présence de ses parents : Anne et Joachim, mais c'était impossible. Ils ont dû recevoir la nouvelle de la naissance beaucoup plus tard, car les parents sont déménagés en Égypte immédiatement après la naissance de Jésus pour échapper à la jalousie du Roi Hérode.
De nos jours, la naissance d'un enfant est entourée de beaucoup de soins et tout l'entourage participe à la fête. Chacun y va de son cadeau et le petit Jérôme ne sera sûrement pas en reste. Pour Marie et Joseph, le passage des Rois Mages a voulu montrer au monde entier que leur enfant était destiné à régner sur le monde entier malgré la pauvreté qui a entouré son arrivée parmi nous.
En décembre 2003, sommes-nous capables d'accorder autant d'importance à l'attente de Jésus, que nous en accordons à l'attente de la naissance du bébé d'une des nôtres?