Volume 24 no 1
L'or bleu, un patrimoine à sauvegarder
Vous connaissez l'or bleu? ... C'est l'eau douce.                                                                                                       Habitués que nous sommes d'employer le mot ''or'' dans une grande variété d'expression, pour signifier la qualité et la rareté, nous trouvons géniale l'expression ''or bleu''.
Au Québec, nous sommes riches en eau douce, on compte quelque 5000,000 lacs et 4,500 rivières. À Sayabec, deux rivières sillonnent le village, pour se jeter dans le  lac Matapédia. Nous savons que de tout temps, la voie d'eau fut un moyen de transport essentiel pour les humains, pour les billots et les bateaux, on y jetait même tous les déchets possibles.  Les Amérindiens appelaient les rivières et le Saint-Laurent : ''le chemin qui marche''. À Sayabec, ils se plaignaient des nombreux barrages de castors qui encombraient leur route.
Nous dépendons tous de l'eau, elle est indispensable à la vie : santé, nourriture, transport, irrigation et industrie en sont tributaires. Jadis, il s'en est charroyé de l'eau à force de bras pour répondre aux besoins de chaque jour. Quand une chaîne humaine transportait l'eau à la chaudière pour éteindre un incendie, on en mesurait la valeur. Avec le temps, on en a usé et abusé. L'assainissement des eaux est devenu nécessaire avec la modernité.  Que l'eau vienne à notre domicile, que nous ayons un accès facile aux voies d'eau pour la nécessité ou les loisirs, rien de plus normal. Nous baignons dans la facilité et dans l'abondance. On nous accuse de la gaspiller et de la polluer. Est-ce par ignorance ou par irresponsabilité?
Le problème nous a été expliqué si clairement que nous devrions avoir mauvaise conscience quand nous laissons couler inutilement l'eau du robinet, quand nous arrosons nos pelouse par temps chaud et ensoleillé, quand nous utilisons plus d'eau que nécessaire pour le lavage de l'auto. Les voies d'eau ne sont pas des dépotoirs, on nous offre tellement de possibilités de nous débarrasser des produits toxiques pour ne pas les jeter dans les égouts et en tout lieu. On investit beaucoup pour nous éduquer à la gestion de l'eau et à sa protection mais les messages nous rejoignent-ils dans notre quotidien? Changer des habitudes n'a jamais été facile pour personne.
Cette richesse naturelle nous semble inépuisable mais la réalité est tout autre. Certaines régions des États-Unis l'expérimentent durement. Si nous considérons les carences d'eau sur la planète, nous jugerons bien minces les efforts qu'on nous recommande. Selon l'organisation mondiale pour la santé, la consommation et l'exposition à une eau non potable sont à l'origine de 80% des maladies dans les pays en développement et provoquent la mort de 25,000 personnes par jour. Comme hypothèse de solution, l'opinion publique véhicule trois grandes questions :
1.    Québec doit-il exporter massivement son eau douce                                                                   2.    Doit-on accroître l'exploitation de l'eau souterraine?                                                                     3.    Les services d'eau doivent-ils être privatisés?
Bien sûr, que je ne m'aventurerai pas à donner mon opinion sur des interrogations aussi complexes, mais je connais bien des gens sensibilisés au problème de l'eau douce et je suis persuadée qu'il est important de suivre l'évolution de la gestion de l'eau.
À la lumière des dangers qui menacent notre planète dans ce domaine, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2003 Année internationale de l'eau douce. Les informations diffusées nous ont-elles rejoints?  Somme-nous convaincus de l'importance de ce patrimoine à sauver et à partager?  Pour l'instant, nous pouvons réfléchir sur ce proverbe du monde : ''On ne connaît la valeur de l'eau que lorsque le puits est à sec''.    
Jacqueline Paquet
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