Volume 27 no 1
La fierté sayabécoise
Lors de la présentation des nouveaux arrivants à la Fête du village, j'ai entendu les mots  « fier » et « fierté » à plusieurs reprises, autant de la part de madame la mairesse que dans les propos des personnes accueillies.  Ces mots ont suffisamment capté mon attention pour qu'aujourd'hui, j'en fasse le thème de ce billet.
Par définition, la fierté est un sentiment noble qui s'oppose à ses extrêmes : la honte, la vanité et l'orgueil.  Les dictionnaires donnent comme synonymes, des mots comme courage, audace et des expressions comme grandeur d'âme et estime de soi.  Ainsi, quelqu'un qui se dit fier de ses réalisations ou de ses créations à réussi à dépasser un seuil de difficultés qu'il s'était fixé au départ.  Il en va ainsi pour nos artistes amateurs et nos artisans rencontrés lors de la Fête du Village.  En nous présentant le résultat de leurs efforts, on voyait de la fierté autant dans leurs yeux que dans leurs propos.
On peut aussi être fier de ses parents lorsqu'on reconnait toutes les valeurs qu'ils nous ont transmises pour nous amener à l'âge adulte et à la profession que nous exerçons aujourd'hui.  Ils ont su nous inculquer les notions de dépassement et d'estime de soi face aux difficultés qui ont jonché notre parcours.  De même, nous sommes fiers de nos enfants lorsqu'ils atteignent ou dépassent les résultats espérés dans leur performance scolaire, sportive ou culturelle.  L'école, par ses outils modernes d'évaluation, ne permet pas toujours à l'enfant de se comparer avec ses pairs, le rôle des parents est d'apprendre à leurs jeunes la satisfaction du dépassement personnel.
À la mort de Maurice Richard, on a écrit qu'il était une fierté nationale.  À l'époque de ses exploits, une multitudes de petits québécois s'endormaient en rêvant de devenir un jour aussi adulés que leur idole.  Porter le célèbre chandail numéro 9 pour disputer une partie de hockey dans une ruelle projetait ces jeunes dans un monde de légendes.  Pour nous sayabécois, les exploits de David Pelletier et de sa partenaire aux Jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002 ont soulevé nos passions et notre fierté.  Pour une fois, le héros, celui auquel  des jeunes patineurs voulaient ressembler était un être près de nous, un athlète reconnu mondialement qui avait vécu son enfance à Sayabec.
Dans notre journal « L'Écho sayabécois », une rubrique est offerte à nos lecteurs et lectrices d'ici et d'ailleurs.  Le thème de la fierté sayabécoise est souvent évoqué.  Ces personne s'appuient sur l'histoire locale pour exprimer leur satisfaction face aux réalisations du milieu.  Dire ou écrire qu'on est fier d'être sayabécois implique qu'on doive le prouver dans nos gestes et surtout dans nos engagements.  Nos ancêtres nous ont légué un passé, nous avons à bâtir notre avenir.  Le thème de notre centenaire, fêté en 1994, est brûlant d'actualité : une fête - un souvenir - un devenir.  Ce devenir est justement ce que nous sommes invités à bâtir.  Il me vient à l'esprit ces mots rassembleurs de monseigneur Félix-Antoine Savard, dans son roman L'Abatis : « J'ai beaucoup mieux à faire que de m'inquiéter de l'avenir, j'ai à le préparer. »
Nous voulons tous que Sayabec progresse.  Nous étions unanimes à formuler ce souhait lors du colloque organisé par la municipalité, en avril dernier.  Pour y arriver, nous devons individuellement nous questionner sur notre implication dans les différents comités et associations qui travaillent à faire de Sayabec un village dynamique où les gens ont le goût d'y vivre et d'y revenir.  Ainsi, nous serons fiers d'être sayabécois, fiers de nos réalisations et fiers de participer à l'écriture de notre histoire locale.
Jean-Claude Gagné
Retour à billet